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OF PETER PAUL PRUDHON.

III

companion, three subjects engraved by Copia. Prudhon was beginning to derive benefit from his exertions, when his wife, who had hitherto lived with her family, came to reside with him at Paris; she quickly dissipated the little he had earned, and, as a compensation gave him, three children, which greatly added to his embarrassments.

In 1794, Prudon made a journey into Franche-Comté, and painted there a great number of portraits , for which he was well paid; he also did for the elder M. Didot the vignettes of the Daphnis and Chloe ; and afterwards those for the works of Gentil - Bernard. At this time, he became acquainted with M. Frochot, the prefect of the Seine , who, becoming his prolector, enabled him to live with greater comfort in his family. He also gained a prize of encouragement, and obtained an Atelier in the Louvre; he also executed for the Hall of the Guards at St. Cloud , a ceiling, which represented, Truth, conducted by Wisdom descending from the heavens.

This performance was quickly followed by others; which might have enabled him to live in comfort, had his family affairs been properly conducted; but he could not free himself from the influence of that individual who gave him so much uneasiness by forgetting her duty. During eighteen years Prudhon bore his misfortunes without complaining, but his mind did not suffer the less, and a growing melancholy would have carried him to the tomb, had not his friends interfered, and at last forced him to a separation, which, at least, allowed him some tranquillity.

The retirement in which Prudhon lived for several years restored his equanimity of mind; but his heart was formed for love, and a new attachment subsequently produced new griefs.

The Exhibition of 1808 caused Prudhon to enjoy honour she had long deserved. He exhibited there Psyche carried off by the Zephyrs : also the beautiful picture which he had painted, by order of the prefect, for the audience chamber of the Court

IV

HIST. AND CRIT. NOTICE OF PRUDHON.

De

of Assizes : Crime pursued by Justice and Celestial Pengeance. These two pictures, each possessing a very different character, were equally admired, and obtained for their author the decoration of the Legion of Honour.

In 1812, he executed the picture of Zephyrus balancing himself upon the waters. The merit of this work was not contested. Prudhon, in 1816, was elected a member of the Institute. These honours diminished not the native modesty of his character, and he would have finished his life tranquilly, but for the melancholy catastrophe which happened in 1821, depriving him of the being whom he tenderly loved, and from whom he had received unremitting attention and kindness for eighteen years. Amidst to many misfortunes, his friend and pupil, M. Boisfremont, tore him from the sad seclusion to which Prudhon considered bimself condemned; but, again falling into melancholy, he only found consolation in working at the picture which Mademoiselle Mayer had sketched , The unhappy Family around their father dying in the bosom of indigence. In finishing this picture his object was to raise, with the proceeds a monument to the memory of her whom he had lost.

Prudhon died shortly after, February 16, 1823. The sorrows he had experienced, during his whole life, made him meet death without regret; and in writing to his daughter he thus exclaims : « How heavy are the chains of life : alone on the earth, who is it detains me yet? Death has destroyed all... She who ought to have survived mc is no more... Will not Death, which I anxiously await, soon arrive to give me that peace which I anxiously aspire ?... He was buried in the Cemetery du Père la Chaise , in a piece of ground that he had purchased, close to the grave of Mademoiselle Mayer. »

Prudhon painted eighteen pictures : he designed a great number of Vignettes, and etched Phrosine and Mélidor for Tasso's Amintas, and did in Lithography The unhappy Family, several copies of which are extant,

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HISTORIQUE ET CRITIQUE

SUR

PIERRE-PAUL PRUDHON,

Peintre habile, d'un caractère doux et d'un excellent cæur, Prudhon fut toute sa vie abreuvé de chagrin, et il semble que son génie ne lui fut donné par la nature que pour réparer les malheurs qu'il éprouva. Pierre-Paul Prudhon, né à Cluny le 6 avril 1760 , fut le treizième enfant d'un maçon qui mourut peu de temps après sans laisser aucun bien : sa mère obtint des moines de Cluny qu'il participerait à l'enseignement gratuit qui se donnait dans l'abbaye.

Le goût du jeune Prudhon se manifesta bientôt de toute sorte de manières ; on le vit alternativement dessinateur, sculpteur et peintre. Ses cahiers étaient couverts de croquis à la plume ; avec son canif et du savon il tailla des figures; puis mettant à contribution les herbes et les fleurs, il faisait des couleurs. De si heureuses dispositions furent remarquées; on parla du jeune peintre à M. Moreau, évêque de Mâcon, qui lui accorda sa protection, et l'envoya étudier sous M. Devosges à Dijon. Ses progrès furent rapides; mais un nouveau malheur l'attendait, et celui - ci était irréparable. Doué d'une grande sensibilité, il ressentit du goût pour une personne peu digne de le fixer, et, malgré les représentations de ceux qui s'intéressaient à son talent et à sa fortune, il se crut obligé de

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NOTICE HISTORIQUE ET CRITIQUE

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tracter une union dont il présageait pourtant les inconvéniens, et qui empoisonna les plus belles années de sa vie.

Quoique marié, Prudhon sentait le besoin de continuer ses études : il vint à Paris en 1780. Il est curieux de voir ce qu'en pensait déjà M. de Joursanvault, l'un de ses protecteurs, en écrivant à M. Wille pour le lui recommander 1. « Il a reçu de la nature ce feu, ce génie qui fait saisir avec rapidité, une grande facilité dans l'exécution, une adresse peu commune. »

Trois ans après, Prudhon concourut au prix fondé par les états de Bourgogne pour aller à Rome. Il travaillait avec ardeur, mais il entend celui dont la loge touchait à la sienne gémir de l'insuffisance de ses moyens : son cour est ému, il veut l'encourager; et, sans songer qu'il peut se faire tort à lui-même, il termine le tableau de son concurrent, qui obtient le prix. Ce jeune homme, touché de la générosité de Prudhon, sentant qu'il va jouir d'une faveur qu'il ne mérite pas, avoue à qui il doit ses succès, et la pension est accordée à celui qui l'avait réellement gagnée.

On a reproché à Prudhon de n'avoir pas étudié l'antique lors de son séjour à Rome, et surtout de ne l'avoir pas imité dans son dessin ; mais il répondait à cela : « Je ne puis ni ne veux voir par les yeux des autres; leurs lunettes ne me vont point ; j'observe la nature et je tâche de l'imiter. N'est-ce pas entraver le talent que de donner un patron commun à toutes les productions des beaux arts?,

Prudhon connut alors Canova, et une vive amitié les unit jusqu'à la mort, qui les enleva dans la même année : cependant il résista aux sollicitations de son ami qui l'engageait à se fixer en Italie, et il revint dans sa patrie. De retour à Paris, en 1789, Prudhon у

vécut

pauvre

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et

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Cette lettre appartient à M. le marquis de Châteaugiron ; elle est imprimée daus le recueil publié par la société des bibliophiles, ancée 1826.

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ignoré; il y peignait la miniature, et fit quelques dessins qui commencèrent sa réputation. On se rappelle la Cérès, l'Amour réduit à la raison et son pendant, trois pièces gravées par Copia. Prudhon commençait à tirer quelque fruit de son travail, lorsque sa femme, restée dans sa famille depuis son mariage, vint le joindre à Paris, dissipa promptement ses faibles épargnes, et lui donna en compensation trois enfans qui vinrent augmenter son malaise.

En 1794 Prudhon alla faire un voyage en Franche-Comté : il fit dans ce pays un grand nombre de portraits qui lui furent bien payés ; il fit aussi pour M. Didot l'ainé les vignettes de Daphnis et Chloé, puis celles pour les OEuvres de Gentil-Ber. nard. Ayant connu à celte époque M. Frochot, préfet de la Seine, il trouva en lui un protecteur, qui servit à ramener un peu d'aisance dans sa maison. Il obtint alors un prix d'encouragement et un atelier au Louvre, puis exécuta pour la salle des Gardes de Saint-Cloud un plafond où l'on voyait la Vérité descendant des cieux conduite par la Sagesse.

Ce premier travail fut bientôt suivi d'autres qui lui auraient donné les moyens d'avoir de l'aisance , si l'intérieur de sa maison eût été mieux tenu; mais il ne pouvait se soustraire à l'influence de celle qui lui causait tant de peine par l'oubli de ses devoirs. Pendant dix-huit ans Prudhon supporta son malheur sans se plaindre , mais son cæur n'en souffrait pas moins , une mélancolie croissante l'aurait couduit au tombeau, si des amis, voyant sa détermination d'abandonner la vie, ne l'avaient enfin forcé à une séparation, qui pouvait au moins lui rendre

de

repos. La solitude dans laquelle Prudhon vécut plusieurs années ramena la tranquillité dans son esprit et le calme dans son âme; mais son coeur avait besoin d'aimer, et un nouvel attachement devint par suite la source de nouveaux chagrins.

Le salon de 1808 vint enfin faire jouir Prudhon des hon

et

un peu

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