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employés. On peut se demander si la production de l'alcool et de l'éther, dans ces expériences ou autres semblables, est entièrement déterminée par la proportion de l'eau présente, ou si la différence de la température subséquente ne peut avoir un effet sur sa variation.

Si l'on chauffe un mélange d'éther et d'acide sulfurique, on obtient, parmi les produits, de l'huile du vin et de l'acide sulfovinique ; et comme ce dernier acide, lorsqu'il est délayé, est promptement converti en alcool et en acide sulfurique, il fournit un moyen de convertir l'éther en alcool: ainsi on peut former à volonté de l'éther avec l'alcool, et de l'alcool avec l'éther, en mettant l'hydrure de carbone de ces corps dans cet état particulier qu'il prend lorsqu'il est combiné avec l'acide sulfurique dans l'acide sulfovinique. On peut même aller plus loin, et former de l'alcool ou de l'éther en employant le gaz oléfiant pour l'hydrure de carbone; car j'ai fait voir, dans mon dernier Mémoire, que le gaz oléfiant forme de l'acide sulfovinique en se combinant avec l'acide sulfurique ; et l'acide, ainsi produit, forme de l'éther ou de l'alcool, suivant des circonstances variables à volonté.

Il serait à peine nécessaire de s'arrêter à la remarque extraordinaire, à la fin du second Mémoire de MM. Dumas et Boullay, si ce n'était pour remarquer qu'elle est singulièrement en désaccord avec les faits et les opinions contenus dans la première partie de ce Mémoire, et dans le précédent des mêmes auteurs. Ceux qui ont lu ces deux Mémoires, et ceux de M. Faraday et de moi, qui ont été publiés long-temps avant le premier, pourront

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décider, sans plus ample commentaire, à qui appartiennent les vues originales contenues dans ces Mémoires (1).

(Transactions philosophiques, 1828. Part. 11.)

SUR le Kermès.

PAR M. GAY-LUSSAC.

D'APRÈS les dernières recherches de M. Berzelius (2), et celles de M. H. Rose (3), le kermès n'est que du sulfure d'antimoine ordinaire, dont la couleur est due à son grand état de division.

N'étant pas entièrement satisfait des preuves alléguées à l'appui d'une telle composition, je me suis livré à quelques expériences qui m'ont conduit à me former du kermès une opinion différente de celle de MM. Berzelius et Rose, et qui se rapproche de l'opinion que la plupart des chimistes s'en étaient formée, particulièrement

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(1) Nous regrettons de n'avoir pu faire connaitre plus tôt cet important Mémoire; mais ce n'est que depuis peu que nous avons reçu le volume des Transactions philosophiques, où il est imprimé. Nous avons pensé qu'il serait encore lu avec intérêt, quoique les principaux résultats en soient connus, et même après le beau travail de M. Sérullas sur l'éthérification. R.

(2) Annales de Chimie et de Physique. xx. 225. (3) Idem, t. xxix, p. 246.

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depuis les recherches de M. Robiquet (1). Ces expériences sont très-anciennes, et je me serais contenté de la publicité que je leur avais donnée dans mes leçons, si M. Henry fils, qui a publié en dernier lieu un travail intéressant sur le kermès (2), ne m'eût laissé quelques observations à ajouter. Je distinguerai les précipités formés par l'acide hydrosulfurique dans les dissolutions d'antimoine du kermès proprement dit, parce que la nature de ces divers composés est très-différente.

Le précipité rouge orangé, que l'on obtient en faisant passer un courant d'acide hydrosulfurique dans une dissolution d'émétique, est un protosulfure d'antimoine hydraté. En effet, l'acide hydrochlorique affaibli et le tartre ne lui enlèvent point d'oxide; et, quand il y a dissolution, elle est toujours accompagnée d'un dégagement d'acide hydrosulfurique.

Ce sulfure, desséché à 100o, retient de l'eau, mais en quantité insuffisante pour former un hydrosulfate; il en abandonne successivement jusqu'à environ 230° : à ce terme, il n'en retient plus, et devient noir; frotté sur le papier, il laisse des taches de la même couleur. Il me paraît analogue au peroxide de fer hydraté, qui ne perd aussi son eau que successivement en brunissant de plus en plus, à mesure que la température s'élève, et qui ne prend une couleur rouge qu'au moment où il a perdu toute son eau.

L'acide hydrosulfurique produit aussi dans la dissolution de perchlorure d'antimoine; un précipité rouge

(1) Annales de Chimie, t. LXXXI, p. 317. (2) Journal de Pharmacie, 1. xiv, p. 545.

orangé, mais qui diffère de celui que l'on obtient avec l'émétique ou le protochlorure; c'est un persulfure hydraté que la chaleur décompose en soufre qui se volatilise, et en protosulfure noir semblable au précédent. Il est à remarquer que le sulfure noir obtenu par la calcination du sulfure rouge orangé est moins fusible que le sulfure noir naturel; il résiste à la chaleur de la lampe alcoolique.

Le kermès, comme on le sait, varie, quant à sa couleur au moins, d'après le mode suivi pour sa préparation. C'est celui obtenu par le procédé de Cluzel (Annales de Chimie, t. LXIII, p. 122 ), sur lequel porteront mes observations.

La première, est qu'on se tromperait beaucoup si l'on pensait, parce que le kermès cède encore quelque chose à l'eau après de nombreux lavages, qu'on ne l'a pur que lorsqu'il ne lui cède plus rien; car, si l'on voulait laver, par exemple, le sous-acétate de cuivre, et une foule d'autres sels jusqu'au point où l'eau n'enlèverait plus rien, on les décomposerait complètement. Le kermès est dans le même cas; des lavages trop multipliés en changent la nature. Mais quel est donc le terme auquel on doit s'arrêter? Ce terme s'obtient facilement en employant le moins d'eau possible pour les lavages, et en ne les poussant que jusqu'au point où le résidu, en supposant que l'eau n'ait pas d'action chimique sur lui, ne contienne que un millième ou un dix-millième de matières étrangères.

Un kermès, ainsi lavé, se comporte de la manière suivante.

L'acide hydrochlorique affaibli, la crême de tartre et

l'acide tartrique lui enlèvent du protoxide d'antimoine sans dégagement d'acide hydrosulfurique.

Le kermès, desséché long-temps à 25o, et même à 100°, retient encore de l'eau. Chauffé à la lampe à esprit-de-vin, il devient noir, et donne de l'eau qui est, comme M. Robiquet l'a observé, légèrement ammoniacale. A une chaleur un peu plus élevée, il entre en fusion et se boursouffle par un peu de gaz sulfureux qui se dégage. En couche mince sur le verre, il lui donne une teinte d'un rouge foncé, et écrasé sur le papier, il le teint d'un rouge brun. Il est plus fusible que le sulfure noir obtenu par la calcination du sulfure orangé hydraté.

Si, sur le kermès privé d'humidité par la chaleur, on fait passer un courant d'hydrogène à la chaleur rouge obscur, on obtient beaucoup d'eau et d'acide hydrosulfurique, et l'antimoine est réduit; mais, ainsi qu'on l'a déjà observé, le résidu manifeste une réaction alcaline.

D'après ces diverses expériences, il est incontestable que le kermès renferme de l'oxide et du sulfure d'antimoine, et qu'on doit le considérer comme un oxisulsulfure. La quantité d'eau obtenue en le décomposant par l'hydrogène, est variable; mais on peut prendre pour type de sa composition 1 proportion de protoxide d'antimoine et 2 de protosulfure. J'ai, en effet, obtenu jusqu'à 0,9 de proportion de protoxide, et M. Henry a trouvé de son côté, par un autre procédé, une différence moindre.

Il est également incontestable que le kermès, précipité du sulfure alcalin qui le tenait en dissolution, est hydraté. Il perd successivement de l'eau à mesure que la

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