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en deux

lames et celui des aimans magnétiques dans toute leur étendue.

L'élévation de température et l'aimantation inverse (j'entends par là la communication du magnétisme par un pôle opposé à celui d'abord employé) ont été jusqu'alors les seuls procédés usités pour rétablir les aimans artificiels dans l'état neutre. J'en ai employé un autre qui peut-être jettera , dans la suite, quelque lumière sur la cause immédiate de la force coërcitive. Il consiste à exciter dans les lames des vibrations réitérées et violentes. Pour cela , on place la lame, d'abord magnétisée, sur un madrier, et on la frappe à coups précipités avec un petit maillet de bois, de manière à lui communiquer de violentes oscillations. Par cette manoeuvre, minutes et souvent moins, les figures s'affaiblissent, perdent leur régularité, et enfin disparaissent complètement si on continue à les frapper de la même manière pendant une durée que je n'ai jamais vue excéder 3 à 4 minutes. Je me suis assuré que les vibrations capables de produire des sons, comme on le fait dans les expériences de Chladni, sont inefficaces pour recomposer le fluide dont les deux élémens isolés par l'aimantation, selon l'opinion la plus générale, semblent, dans nos expériences , se séparer des molécules de l'acier par les secousses réitérées, et se porter l'une vers l'autre en vertu de leur tendance mutuelle.

Ces expériences m'ont suggéré d'autres recherches sur les moyens d'imprimer le magnétisme au fer, ou de le rendre à son état naturel quand il l'a reçu. On connaît le pouvoir du frollement pour le faire naître; mais jusqu'alors on a pensé qu'il n'était efficace que quand il

que tous les

était exercé

par

le fer, soil magnétisé, soit dans l'état neutre. Mais je me suis assuré

corps

durs pouvaient, au moyen du frottement, aider à la décomposition du fluide magnétique si on favorisait leur action par l'influence combinée d'aimans, seuls incapables de la produire. Pour répéter l'expérience qui constate ce fait, il faut n'employer que le fer doux,c'est-à-dire, dans l'état où il reçoit le plus facilement le magnétisme. On peut se servir de fils de fer non recuits, d'un décimètre de long, et d'un millimètre de diamètre. Les fils placés horizontalement entre deux barreaux opposés par leurs pôles , et à une distance telle qu'ils ne puissent être magnétisés, prennent des pôles dès qu'on les frotte itérativement avec quelques corps durs dans la direction des barreaux. On s'assure que les fils ne reçoivent la vertu magnétique que par l'influence du frottement, aidée de l'action des barreaux, en plaçant les fils à magnétiser à une assez grande distance des aimans, pour que seuls ils pe puissent opérer la décomposition du fluide et leur donner des pôles. On peut employer indifféremment tous les corps durs : le laiton, le cuivre, le zinc, le verre, et même le bois dur, ont fait naître des pôles bien distincts, que j'ai retournés itérativement en les situant dans une position inverse, et qui toujours ont été opposés à ceux des aimans qu'on peut considérer ici comme les causes efficientes de l'aimantation dont le frottement était la cause occasionelle. L'ingénieux et utile procédé de M. Gay

mussac, pour communiquer au fer doux le magnétisme par la torsion, m'a servi à neutraliser des fils de fer auparavant magnétisés et pourvus de pôles : si, dans cet état, on les tord, ils conservent le magnétisme qu'ils avaient avant la torsion; mais si, après les avoir ainsi sordus , on les tord en sens contraire, ils redeviendront parfaitement neutres.

D'après ces expériences, que devons-nous penser de la cause des phénomènes magnétiques , de l'agent magnétique et de la force coërcitive ? La séparation des elémens de ce fluide , qui, selon l'opinion la plus générale, constitue l'état magnétique, est favorisée par le mouvement communiqué aux molécules , par le frottement, la torsion, et même les vibrations que j'ai employées avec succès. La recomposition du fluide magnétique est de même favorisée par les vibrations violentes et la torsion en sens inverse. Cependant la condensation d'une aiguille magnétisée ne la neutralise pas , comme je m'en suis assuré, en écrouissant fortement des fils de fer et d'acier auparavant pourvus de pôles. Il semble donc que l'état magnétique soit produit par toutes les causes qui changent l'arrangement des molécules , lorsque les corps ainsi modifiés sont en même temps soumis à l'influence d’aimans, assez puissans pour fixer les deux fluides ébranlés, pour ainsi dire, par les causes qui changent l'état des molécules. C'est ainsi que, dans le procédé de M. Gay-Lussac, l'action de la terre est la cause efficiente de la décomposition du fluide favorisé

par

le

mouvement des molécules agitées par la torsion. Cependant, comme les mêmes agitations des molécules, les vibrations, la torsion' inverse, favorisent la recomposition du fluide ou la réunion de ses deux élémens, on doit demander comment ces effets opposés peuvent être produits par la même cause. Il est surtout asseż extraordinaire que la torsion et la condensalion qui impriment aux molécules des mouvemens évi

le

dens, soient insuffisantes pour opérer la recomposition des fluides, qui cependant peut être produite par simple frémissement des molécules, vu que l'un de ces procédés suppose un déplacement complet et permanent, et l'autre un déplacement seulement momentané, n'est enfin que de simples oscillations.

Le magnétisme partiel des lames sur lesquels nous traçons nos figures fournit encore matière à d'autres réflexions. Comme ces figures , qui ne sont que

des aimans de formes variées, sont de toute part entourées d'une substance susceptible d'acquérir le magnétisme qui peut se développer par communication, on doit s'étonner que ce moyen de communication entre les pôles opposés des aimans ne les ramène pas promptement à l'état neutre. Cependant il n'en est pas ainsi; la portion du métal qui environne la figure magnétique, ne remplit que le rôle des armatures, et le magnétisme se maintient. Si la figure est un simple parallelogramme allongé représentant un barreau de même dimension, l'état de la lame explorée par le moyen de petites aiguilles suspendues à de simples fils de cocons, présente les mêmes phénomènes que le barreau représenté; et les parties qui entourent cette portion magnétique sont dans un état neutre, comme si elles n'avaient avec elle qu’un rapport de voisinage, d'où il résulte que la vertu magnétique qui se communique si facilement par influence, cesse de se communiquer entre les parties continues d'un corps magnétisable, dont une portion est magnétique et les autres dans l'état neutre. C'est ainsi que des aiguilles de fer ou d'acier de trois décimètres de longueur, magnétisées dans leur tiers moyen, conservent leur état sans que le

magnétisme des deux pôles se propage aux deux extrémités neutres.

Nancy, 1er juillet 1829.

LETTRE de M. Parrot à MM. les Rédacteurs des

Annales de Chimie et de Physique, sur les phénomènes de la pile voltaïque.

MESSIEURS,

J'ai lu dans vos excellentes Annales, avec un intérêt extrême, l'extrait que vous avez donné à vos lecteurs du Mémoire de M. de La Rive intitulé : Recherches sur les causes de l'électricité voltaïque. Votre assentiment aux conclusions que ce physicien distingué tire de ses expériences va être le signal auquel l'Europe savante se ralliera pour admettre que, dans la pile voltaïque, il n'existe point d'électricité de contact , et que l'électricité qui se développe dans cet appareil est uniquement due à l'action chimique des substances dont il est composé. Ce triomphe de la théorie chimique de l'électricité doit m'intéresser plus vivement que tout autre physicien , puisque j'ose dire, sans vouloir le moins du monde diminuer le mérite de M. de La Rive, que c'est moi qui ai créé cette théorie, et l'ai soutenue sans relâche depuis l'année 1801 jusqu'à aujourd'hui.

Permettez-moi, non-seulement de faire valoir mes droits légitimes à cette théorie , qui fera naître un autre ordre de choses, un nouveau langage même dans la

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