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UNIVERSELLE.

LIVRE V.

GUERRES CIVILES.

SOMMAIRE.

Triumvirats.

Rome Conquêtes extérieures, dissensions. Loi agraire. — Proscriptions.

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Siècle d'or de la littéSiècle d'or de la littérature

indienne.

CHAPITRE PREMIER.

L'ESPAGNE ET PERGAME (1).

Victorieusement assise sur les ruines de Carthage et de Corinthe, Rome pouvait proclamer le triomphe de la force sur l'industrie. Aucun ennemi nouveau, capable d'engager le terrible duel, ne

(1) L'histoire de cette période a été traitée par plusieurs écrivains contemporains; mais aucun de leurs ouvrages ne nous est resté. Parmi les auteurs à consulter nous citerons :

PLUTARQUE, Vies de Gracchus, Sylla, Marius, Lucullus, Crassus, Sertorius, Pompée, César, Caton d'Utique, Cicéron, Brutus, Antoine ; APPIEN, Des guerres civiles;

VELLÉIUS PATERCULUS.

Il nous est resté, des histoires de SALLUSTE, la Guerre de Catilina et celle de Jugurtha, qui nous donnent les renseignements les plus utiles sur la situation intérieure du pays.

DE BROSSES, en le traduisant, a suppléé au texte par ses études propres, et comblé la lacune entre les deux fragments, de 79 à 67 avant J. C. C'est un ouvrage bien pensé sur une époque très-importante (Hist. de la république romaine dans le cours du septième siècle), par SALLUSTE; Dijon, 1777, 3 vol. in-4°.

Les Discours et les Lettres de CICERON ne peuvent qu'être classés parmi les meilleures sources.

T. IV.

1

se présentait. Il ne restait plus assez d'énergie aux vaincus pour remuer sous la javeline des soldats de l'Italie. Cependant, Rome ne pouvait déposer le glaive; en ce moment même, un peuple, invincible toutes les fois qu'il eut à défendre son indépendance, osa protester contre le grand acte de spoliation des aigles latines. Nous parlons des Espagnols. La nature a marqué les confins de la péninsule Ibérique environnée par la Méditerranée et l'Océan, elle a pour limites les Pyrénées au nord, et au sud le détroit de Gibraltar, qui la met à quelques lieues de l'Afrique. Les provinces du midi jouissent d'une température tropicale, tandis que, sur le plateau de la Castille et dans les régions montagneuses, elle est exposée aux rigueurs des latitudes septentrionales; c'est de là qu'elle tire de grandes richesses en produits forestiers, en pâturages, et en mines de fer, d'argent et d'or. Les Grecs l'appelèrent Hespérie, c'est-à-dire occidentale; les Phéniciens lui donnèrent le nom d'Espagne : quant à la dénomination d'Ibérie, elle lui vient peut-être d'une colonie d'Ibères venue d'Asie.

Et, en effet, Varron lui donne pour premiers habitants les Celtes, les Ibères et les Persiens, qui ne sont autres que les Persciens ou Thraces, nation d'origine probablement celtique qui, sortie de la Thesprotie et de l'Illyrie, passa en Italie, où elle fut connue sous le nom d'Ombriens, et qui, chassée de là par les Pélasges, se réfugia aux environs du lac de Constance (Brigantinus), et dans le pays qui s'étend entre le Rhône et l'Isère, où elle prit le nom d'Allobroges: plus tard, elle s'étendit, au sud et à l'occident, sur les côtes d'Espagne qui avoisinent les Pyrénées. Les lieux où séjournèrent ces peuplades sont signalés par la dési

Les Commentaires de CÉSAR ne sont pas moins recommandables pour le fond que pour la forme.

Tout en regrettant que l'Histoire romaine de NIEBUHR n'arrive pas jusqu'à cette époque, on peut consulter parmi les modernes :

VERTOT, Histoire des révolutions arrivées dans le gouvernement de la république romaine; Paris, 1796.

MABLY, Observations sur les Romains; ouvrage bien superficiel.

Pour les mœurs :

MEINERS, Histoire de la décadence des mœurs et de la constitution des Romains; Leipzig, 1782 (allemand).

MEIROTTO, Mœurs et manière de vivre des Romains aux différentes époques de la république; Berlin, 1776 (allemand).

C. A. BÖTTIGER, Sabine, ou la Matinée d'une dame romaine; Leipzig,

1806.

MAZOIS, Palais de Scaurus; Paris, 1820.

nence briga, qui rappelle celle de bria, affectée aux localités habitées par les Thraces aux environs du Bosphore et du PontEuxin, comme le remarque Strabon à propos de Selymbria, Mésembria, Goltiobria. Des noms ainsi composés se rencontrent dans tout le pourtour de l'Espagne depuis les sources de l'Ebre jusqu'au promontoire Sacrum; ce qui porterait à supposer que quelques-unes de ces émigrations se firent par mer.

La similitude d'un grand nombre de noms, dans les deux péninsules témoignent de la parenté de ces peuplades avec celles qui se sont établies en Italie, et ces dénominations locales sont trop anciennes, pour qu'on puisse les attribuer aux établissements romains (1), de beaucoup postérieurs. Anciennement déjà, ceux de Zacynthe et les Pélasges Ardéates y avaient fondé Sagonte, entourée aussi bien que Tarragone, de murs cyclopéens sembla→ bles à ceux qu'on retrouve en Toscane.

Les Euskaldonac ou Basques se vantent de parler encore aujourd'hui un idiome que leur ont transmis des peuples primitifs, et qui diffère des autres langues indo-germaniques, quoique de la même famille. Du mélange des Celtes avec les Ibères se formèrent les Celtibères, nation belliqueuse, armée de grands boucliers gaulois, de longues javelines et d'épées faites avec du fer dont la rouille durcissait la trempe; ils se faisaient gloire de mourir en combattant.

Un bétail d'une race supérieure, la laine, les vins, l'huile, les fruits, et surtout l'or, l'argent, l'ambre, l'étain et le mercure, attirèrent de bonne heure les Phéniciens sur les rivages de la Bétique. Ils en emportaient de préférence l'argent dont les naturels leur donnaient des morceaux massifs en échange de verroterie et autres bagatelles. Sétabis était renommée pour les lins et la finesse de ses toiles, et Bilbilis pour son acier. Les Carthaginois exploitaient des mines d'or et d'argent, surtout dans les Pyrénées, et ils en tiraient pour cinq millions de livres. Les Romains y employèrent jusqu'à quarante mille ouvriers. Celles d'or dans les Asturies étaient peu productives; mais les mines de mercure de Cétobriga (Almaden) rendaient abondamment ce sont encore les plus riches de l'Europe. Les Romains payaient jusqu'à quatre mille francs un bélier mérinos, et tenaient en grande estime les armes fabriquées en Espagne.

Ce n'était donc pas sans de solides raisons que les Phéniciens

(1) Voyez vol. II. Petit-Radel, Mémoires de l'Institut, t. VI.

tenaient à l'Espagne, où, comme on l'a dit plus haut, ils fondèrent Cadix, puis Malaga, Cordoue, Isbilis et d'autres villes sur le littoral et sur les fleuves; avec le commerce ils y répandirent l'alphabet et les éléments de la civilisation.

Ceux de Zacynthe, les Rhodiotes et les Phocéens, s'approchèrent aussi de ces côtes pour y trafiquer, et y fondèrent Rosas, Emporia (Ampurias), Paléopolis et Sagonte. Inquiétées par les populations indigènes à demi soumises, les colonies phéniciennes, peut-être pour réprimer une révolte des Turditans, appelèrent les Carthaginois, qui y fondèrent de riches établissements et assurèrent leur domination sur les montagnards de la région orientale des Pyrénées et de l'Idubéda, de même que sur ceux de l'Ortospéda et de l'Ilipula, et des grandes vallées de l'Ebre inférieur, du Bélas, de l'Anas, du Tage et de la rive droite du Duero. Carau delà, et dans la vallée supérieure de l'Ebre, les tribus belliqueuses et incultes se conservèrent toujours indépendantes.

Les Romains, durant la guerre de Carthage, firent la conquête de cette riche péninsule, qui quarante ans plus tard, à la fin de la seconde guerre Punique, fut divisée en deux provinces à l'orient la Tarragonaise, et au sud-ouest la Lusitanie ou Bétique, sous le gouvernement de deux préteurs. Mais les Espagnols, qui n'avaient subi qu'avec répugnance la domination de Carthage, commencèrent, six ans après la chute de sa puissance dans la Péninsule, une guerre des plus meurtrières contre les Romains : une population nombreuse, la nature des lieux et le caractère des habitants la rendaient terrible. Hommes et femmes, jeunes et vieux, combattaient avec intrépidité et se faisaient une gloire d'expirer sans pousser un gémissement. Chaque hauteur, chaque buisson devenait pour eux un fort, et partout on trouvait cette guerre de partisans qui, de nos jours, ébranla le trône de Napoléon. Souvent vaincus, jamais subjugués, ils portaient sur eux du poison, pour y recourir en cas de défaite. S'ils se trouvaient réduits en esclavage, ils tuaient leurs maîtres, ou faisaient couler bas les bâtiments destinés à les transporter. Après une déroute, ils firent dire aux Romains vainqueurs : Nous vous laisserons sortir de l'Espagne à la condition que vous nous donnerez un habit, un cheval et une épée par tête.

Les Romains, de leur côté, employaient contre les Espagnols toute espèce d'armes, celles surtout dont l'ennemi savait le moins se servir, la ruse et la trahison. Ils suscitaient des querelles entre eux, armaient frères contre frères; puis ils les attaquaient au

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