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guerres contre ce prince. Il en fut récompensé après la bataille de Magnésie Antiochus dut lui payer quatre cents talents, et lui abandonner les provinces qu'il avait possédées au delà du Taurus. Prusias était parvenu, grâce aux conseils d'Annibal, à le vaincre par terre et par mer, quand l'entremise de Rome fit cesser la guerre par la mort de celui qui la fomentait.

Une protection aussi puissante l'aida à triompher d'autres ennemis; et son autorité s'étendit sur la Phrygie, la Mysie, la Lycaonie, la Lydie, l'Ionie, et sur une partie de la Carie. Mais d'un côté cette grandeur l'obligeait à louvoyer, non sans péril, au milieu des guerres renaissantes; de l'autre, la gratitude le tenait sous la dépendance de Rome. Celle-ci conçut même de l'ombrage de sa conduite durant la guerre de Persée, et fit conseiller sous main, à son frère Attale, de demander pour lui le royaume de Pergame. Mais ce prince généreux, étant venu à Rome en qualité d'ambassadeur, félicita la république de ses victoires en Macédoine, réclama ses secours contre les Gaulois, et ne demanda rien pour lui. Eumène accourait pourtant à Rome pour se justifier, quand il lui fut intimé de retourner dans ses Etats. Menacé d'abord sourdement par le sénat, il le fut bientôt à découvert; mais il mourut sur ces entrefaites, et eut pour successeur son Attale II. frère Attale II, qui, plus constamment fidèle aux Romains, s'immisça dans toutes les affaires de l'Asie Mineure; il se montra surtout hostile à Prusias, qui employait tantôt la force, tantôt la trahison, pour se maintenir et pour s'agrandir.

137.

Attale ill.

133-130.

Il laissa, en mourant, la couronne au fils d'Eumène, Attale III, qui, bien qu'élevé par son oncle et ayant reçu l'éducation la plus libérale, se conduisit en tyran, et fit égorger ses parents et les amis de sa famille. Il en conçut ensuite de tels remords, qu'il ne sortait plus de son palais, et négligeait même de se raser et de se baigner. Bientôt, de nouveaux soupçons lui faisaient ordonner de nouveaux meurtres. Pour se distraire dans sa solitude, il s'occupait à fondre des métaux; mais il contracta dans ce travail une fièvre qui délivra Pergame de ce monstre.

Soit raison, soit folie, il institua le peuple romain héritier de ses biens (1); et le peuple romain, grammairien subtil, prétendit que par le mot biens on devait entendre le royaume. Aussi, sans égard pour les droits d'Aristonic, frère naturel d'Attale, et sans tenir compte des réclamations des princes voisins, il occupa ses

(1) Populus Romanus bonorum meorum hæres esto.

amiens, en empoisonnant jusqu'aux sources qui fournise l'eau à la ville assiégée. La plus belle et la plus grande e l'Asie Mineure fut ainsi réduite en province sous le sie.

ombien de maux intérieurs, par combien de guerres Rome t-elle pas expier l'indigne moyen à l'aide duquel elle s'éuré un héritage d'un genre si nouveau (1)!

CHAPITRE II.

CONSTITUTION DE ROME.

nent Rome, si petite comme communauté, put-elle suffire e conquêtes, dont nous n'avons pas encore signalé les plus ntes? Ce fut en empruntant toujours de nouveaux prine vitalité aux peuples qu'elle subjuguait.

vu dans l'histoire incertaine de ses origines qu'après avoir des fugitifs de tous pays, elle s'incorpora les Sabins, les es, les Latins (2). Jamais elle ne s'écarta de ce système;

VIN a inséré des Recherches sur les rois de Pergame dans le XII vol. oires de l'Académie des inscriptions. On trouve aussi dans le Voyage que de la Grèce, par CHOISEUL-GOUFFIER (1809, t. II), d'excellentes s sur les monuments de Pergame, des côtes et des îles voisines.

ud sine ulla dubitatione maxime nostrum fundavit imperium, et pomani nomen auxit, quod princeps ille creator hujus urbis Romulus Sabino docuit, etiam hostibus recipiendis augeri hanc civitatem oppor■jus auctoritate et exemplo nunquam est intermissa a majoribus nogitio et communicatio civitatis. Cic. pro Corn. Balbo, XXXI.

aliud exitio Lacedæmoniis et Atheniensibus fuit, quamquam armis pol

en puissance de père ou de mari n'avaient point qualité pour pos séder des biens-fonds; et devenues veuves, elles ne pouvaient les vendre sans l'autorisation du tuteur. Les citoyens de droit comple cives optimo jure) étaient les patriciens, descendants des premiers Quirites, ceux que leur mérite avait fait entrer dans cet ordre ou qui descendaient de personnages ayant exercé les fonctions curules, c'est-à-dire, la dictature, le consulat, la préture, la censure et la haute édilité. A ces patriciens appartenait le jus imaginum ou le droit de conserver dans leur maison et de faire porte dans les cérémonies funèbres les images en cire de leurs aïeux ls possédaient seuls l'ager publicus, se réunissaient dans le comices par curies, et la lance à la main, pouvaient seuls êtr juges et pontifes, et prendre les augures sans lesquels les décisions restaient sans autorité.

Les plébéiens formaient une classe tellement distincte, qu'il composaient pour ainsi dire un autre peuple: ils avaient leurs riches, leurs chefs et leurs réunions propres; mais ils étaient su bordonnés aux patriciens (1).

Il résulta des luttes entre les deux ordres que les plébéiens s'in sinuèrent peu à peu dans la société des patriciens, sans s'y con fondre, formant un ordre qui avait la liberté civile et celle de biens, et qui avec le temps acquit en outre les droits politiques Ils commencèrent par faire reconnaître comme tribuns leurs chefs qui étaient les protecteurs du peuple. Le veto d'un tribun suffisai pour faire suspendre la volonté du sénat: leur personne était in

lerent, nisi quod victos pro alienigenis arcebant? At conditor noster Romulu tantum sapientia valuit, ut plerosque populos eodem die hostes, dein cives ha beret. Tac. Ann., lib. XI.

(1) Cela est si vrai qu'après la prise de Véies, ils avaient proposé d'aller s' établir.

violable organes infatigables des intérêts des plébéiens, ils soutenaient leurs prétentions, et mettaient en accusation les magistrats qui sortaient de charges. A force d'instances, ils firent tomber les restrictions qui gênaient les alliances et le droit de propriété des plébéiens, lesquels finirent par être reconnus capables de remplir les hautes magistratures et même le consulat. Nous avons parlé ailleurs de l'origine des tribus et des curies. Les tribus dont chacune était divisée en dix curies avec un curion, furent portées jusqu'au nombre de trente-cinq (1); dont quatre urbaines, savoir: Palatina, Suburrana, Collina, Esquilina. Les autres qui étaient rurales, empruntaient leurs dénominations à des familles illustres, ou à des localités voisines de Rome : et, comme dans les premières vinrent se fondre tous ceux qui n'avaient point de patrimoine déterminé, les tribus rurales se maintinrent en honneur plus que les autres.

Les priviléges de l'aristocratie patricienne une fois détruits, le peuple fut divisé en six classes, en proportion de la fortune de chacun ; c'était un moyen d'amalgamer les deux ordres et de protéger les franchises des plébéiens, en laissant néanmoins le gouvernement entre les mains des familles patriciennes.

Pour être inscrit dans la première classe, il fallait posséder cent mille as; dans la seconde soixante-cinq mille; dans la troisième, cinquante mille; dans la quatrième, vingt-cinq mille; dans la cinquième, douze mille cinq cents. Tous ceux dont l'avoir n'atteignait pas ce dernier chiffre, étaient rangés dans la sixième. Au-dessous

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r, les riches y recouraient alors pour en éloigner les pauvres. Comme dans les États républicains, le pouvoir suprême résidait as l'assemblée générale de tous les citoyens. Ces assemblées géales se réunissaient d'abord par curies de Quirites; mais le uple leur opposa les assemblées par tribus convoquées et préées par les tribuns, où l'on ne consultait pas les auspices, priége réservé à l'aristocratie. C'était là qu'on nommait les magists inférieurs de Rome, tous les fonctionnaires pour les provinces, souverain pontife et les autres prêtres; on y conférait le droit cité, et on y jugeait certaines transgressions qui étaient punies ne amende. Les comices curiates, réunions immédiates par etions locales, n'étaient plus qu'une formalité conservée par pect pour les auspices. On y confirmait les testaments, et l'on sanctionnait les décisions des tribus. Le peuple négligeait de s'y dre, et les trente curies n'étaient plus représentées que par les teurs, autrefois chargés de les convoquer.

Aux grands comices, ou comices centuriates, prenait part tout main de la ville ou de la campagne, s'il payait l'impôt et fait le service militaire. Là on élisait les magistrats; on approuvait lois, on statuait sur les crimes d'État et sur la conduite des néraux en temps de guerre. Le pouvoir législatif résidait de fait ns ces comices; on y élisait le pouvoir exécutif; on y contrôlait ux qui l'exerçaient; on y acceptait les lois ou on les rejetait (1). La première classe comprenait quatre-vingt-dix-huit centuries, seconde vingt-deux, la troisième et la quatrième vingt et une; cinquième trente et une, et la dernière une seule. Comme aque centurie donnait un vote collectif, celles qui ne se compo

1) Comitia centuriata, ex censu et ætate; curiata, ex generibus homim; tributa ex regionibus et locis.

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