L'année terrible

Forsideomslag
M. Lévy frères, 1874 - 280 sider
 

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Side 149 - J'ai payé de vingt ans d'exil ce droit austère D'opposer aux fureurs un refus solitaire Et de fermer mon âme aux aveugles courroux ; Si je vois les cachots sinistres, les verrous, Les chaînes menacer mon ennemi, je l'aime, Et je donne un asile à mon prescripteur même ; Ce qui fait qu'il est bon d'avoir été proscrit. Je sauverais Judas si j'étais Jésus-Christ.
Side 201 - Sur une barricade, au milieu des pavés, Souillés d'un sang coupable et d'un sang pur lavés, Un enfant de douze ans est pris avec des hommes. Es-tu de ceux-là, toi ? - L'enfant dit : Nous en sommes. C'est bon, dit l'officier, on va te fusiller. Attends ton tour. L'enfant voit des éclairs briller, Et tous ses compagnons tomber sous la muraille. Il dit à l'officier: Permettez-vous que j'aille Rapporter cette montre à ma mère chez nous ? Tu veux t'enfuir ? — Je vais revenir. — Ces voyous...
Side 135 - Le tambour bat aux champs et le drapeau s'incline. De la Bastille au pied de la morne colline Où les siècles passés près du siècle vivant Dorment sous les cyprès peu troublés par le vent, Le peuple a l'arme au bras ; le peuple est triste ; il pense ; Et ses grands bataillons font la haie en silence. Le fils mort et le père aspirant au tombeau Passent, l'un hier encor vaillant, robuste et beau, L'autre vieux et cachant les pleurs de son visage ; Et chaque légion les salue au passage.
Side 87 - ... Français, et la femme est Romaine. Elles acceptent tout, les femmes de Paris, Leur âtre éteint, leurs pieds par le verglas meurtris, Au seuil noir des bouchers les attentes nocturnes, La neige et l'ouragan vidant leurs froides urnes, La famine, l'horreur, le combat, sans rien voir Que la grande patrie et que le grand devoir; Et Juvénal au fond de l'ombre est content d'elles.
Side 136 - Il assiste, à présent qu'il tient l'arme inconnue, Aux luttes du devoir et qu'il les continue. Le droit n'est pas le droit seulement ici-bas ; Les morts sont des vivants mêlés à nos combats, Ayant tantôt le bien, tantôt le mal pour cibles ; Parfois on sent passer leurs flèches invisibles. Nous les croyons absents, ils sont présents ; on sort De la terre, des jours, des pleurs, mais non du sort; C'est un prolongement sublime que la tombe. On y monte étonné d'avoir cru qu'on y tombe. Comme...
Side 87 - toits, leurs vertus domestiques, Leurs doigts que l'âpre laine avait faits noirs et durs, Leurs courts sommeils, leur calme, Annibal près des murs, Et leurs maris debout sur la porte Colline, Ces temps sont revenus. La géante féline, La Prusse, tient Paris, et tigresse, elle mord Ce grand cœur palpitant du monde u moitié mort.
Side 206 - Que leur font nos pitiés tardives? Oh! quelle ombre! Que fûmes-nous pour eux avant cette heure sombre? Avons-nous protégé ces femmes? Avons-nous Pris ces enfants tremblants et nus sur nos genoux?
Side 202 - T'eût chargé de défendre une porte d'Argos; Cinégyre t'eût dit : Nous sommes deux égaux! Et tu serais admis au rang des purs éphèbes Par Tyrtée à Messène et par Eschyle à Thèbes. On graverait ton nom sur des disques d'airain; Et tu serais de ceux qui, sous le ciel serein, S'ils passent près du puits ombragé par le saule, " Font que la jeune fille ayant sur son épaule L'urne où s'abreuveront les buffles haletants, Pensive, se retourne et regarde longtemps.
Side 52 - ... repaires, Punissant les enfants pour la faute des pères, Arrêtant le soleil à l'heure où le soir naît, Au risque de casser le grand ressort tout net, Dieu mauvais géographe et mauvais astronome, Contrefaçon immense et petite de l'homme, En colère, et faisant la moue au genre humain, Comme un Père Duchêne un grand sabre à la main ; Dieu qui volontiers damne et rarement pardonne, Qui sur un passe-droit consulte une madone, Dieu qui dans son ciel bleu se donne le devoir D'imiter nos défauts...
Side 264 - Rien de juste ne frappe en vain à cette porte, La plainte est un vain cri, le mal est un mot creux. J'ai rempli mon devoir ; c'est bien, je souffre heureux. Car toute la justice est en moi, grain de sable. Quand on fait ce qu'on peut, on rend Dieu responsable ; Et je vais devant moi, sachant que rien ne ment, Sûr de l'honnêteté du profond firmament ! Et je crie : Espérez ! à quiconque aime et pense; Et...

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