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bles, à comparaison des mixres d'où elles sortent. Elles ont plus de vertu qu'elles n'en avoient dans leurs corps; leur fimplicité réunit leurs forces, & les rend plus actives, à proporcion que la grosfiereté & la composicion diminuë, à plus foric raison les csprits du corps de l'homme qui ca sonc naturellement les parties les plus subriles & moins groflicrcs en general, qui auront esté ordinaire. ment, ou cres-souvent jointes à l'ame , contractent une subcilicé la grande qu'elles de

viennent incorruptibles & ap prochent de la spiritualité de l'ame.

Nous voyons dans la Phy, fique, que les puissances, les objets, & les moyens, doivent estre de nature proporcionnée, c'est à dire, que la puissance spirituelle fe portant vers un objet corporel, en circ des espaces prefque immaterielles ; qu'ellc fpiritualise, & fc fert pour cela d'esprits ou moins proportionnez à sa fpiritualité , & qu'à force de se servir de ces moyens ou esprits corporels,

elle

elle les rend comme spirituels, & non sujets à la corruptibi. licé, lesquels attendu leur extrême convenance , sont fi étroitement atrachez à l'ame, qu'elle ne sçauroit les quirtcr.

La societé de l'ame est donc une sociccé indissoluble & necessaire , qui ne pouvoit pas dans l'ordre des choses créées, estre d'une maniere plus parfaire, selon le dessein que Dicu a cu dans la creation de les faire retourner à luy, comme à leur source, par le canal & le commerce de cette sociccés Février 1694

E

pour glorifier le corps & l'ame de l'homme , ou pour les précipiter dans l'abilme, selon Ic bon ou le mauvais usage qu'ils en auront fait pendant Ja vie, dans le cours de leur focicté.

Si nous voulons considerer lc commerce perpetuel d'entre nostreame & nostre corps, leur étroite societé nous fera tres-connuë & fensible ; car lors que l'ame veut périeurer la nature des choses corporelJes, elle eft obligée de descen. dre dans les puissances corporelles, accompagnéc desc

prits qui servant à l'intellectie ve & å la discursive , & arrivanr dans l'imagination, elle reçoic les Images des choses corporelles , revestuës seulement de leur couleur & de leur figure. Elle descend enfuite dans les sens & y considere les especes qui les enlevent de la surface des sujets sensibles & corporels, par le canal & commerce des esprits émissaires, que les sens envoiene par un mouve. ment direct , aux objets extericurs & presens, car ces ef. prits émissaires y ayant enlevé

organes des

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