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trées de l'Europe, met pour condition que les contrefaçons faites même dans les pays avec lesquels elle a des traités, ne pourront entrer.

« Les éditeurs ont demandé au gouvernement l'autorisation de faire une loterie qui leur permettrait, d'une part, de venir en aide aux ouvriers lypographes, et d'autre part, de se débarrasser de ce trop-plein si considérable dont ils sont accablés. S'ils pouvaient réaliser ce trop plein-dont la vente disparaît chaque jour, ils pourraient entreprendre de nouvelles publications. Ils pourraient rentrer dans les capitaux dont la loi les a en quelque sorle privés.

« Je ne vois pas pourquoi le gouvernement ne donne pas l'autorisation qui lui est demandée. Car lorsqu'on a frappé sur une industrie et que cette industrie ne demande rien au trésor public pour se libérer, lorsqu'elle demande seulement à faire ce qu'on accorde, en pareil cas, à beaucoup de personnes, je ne vois pas pourquoi on hésite.

« D'un autre côté, je dois déplorer que le gouvernement n'ait rien fait au sujet des livres qui servent à l'enseignement dans nos écoles et qui se donnent en prix. Nous avons tous le plus grand intérêt à ce que la jeunesse soit élevée dans des sentimeñts réellement nationaux. Or, ce n'est pas avec des ouvrages imprimés à l'étranger et dans lesquels notre pays est souvent représenté sous de très-fausses couleurs, que la jeunesse puisera des sentiments de nationalité.

« Il est temps que le gouvernement prenne des mesures pour que la jeunesse belge n'ait en prix dans les écoles que des ouvrages éminemment nationaux. Il est temps que les jeunes gens n'aient, comme livres d'instruction, que des ouvrages nationaux, surtout au point de vue des sciences historiques.

« Je demande donc que le gouvernement nous dise ce qu'il a l'intention de faire sur ces deux points qui méritent, je crois, toute la sollicitude de l'assemblée. »

M. le ministre de l'intérieur : « L'honorable M. Dumortier a tort de croire que le gouvernement n'a rien fait sous le rapport de l'introduction des livres nationaux dans l'enseignement. Le gouvernement a usé de toute son influence pour que, peu à peu et autant que cela peut se faire, on substitue les livres belges aux livres étrangers tant pour l'enseignement que pour les distributions de prix. Des circulaires ont été sous ce rapport émises par mon département pour appeler l'attention des autorités compétentes sur la nécessité de substituer les livres belges aux livres étrangers, et dans ces circulaires je m'appuyais précisément sur la pensée nationale qui anime l'honorable M. Dumortier. Ainsi le gouvernement n'est pas resté indifférent et inactif.

« Mais vous comprendrez, comme moi, qu'il est impossible de substituer subitement et d'une manière forcée à des livres introduits par l'usage et souvent aussi par un sentiment d'économie, des livres exclusivement nationaux. Ces livres nationaux manquent d'ailleurs bien souvent.

Dernièrement encore, le gouvernement vient de mettre au concours, d'après l'avis du conseil de perfectionnement pour l'enseignement moyen, la rédaction d'un livre consacré à l'enseignement dans un des cours les plus importants de l'enseignement moyen, à la quatrième. S'il se trouve bien de ce premier essai, le gouvernement pourra entrer dans celle voie et encourager, par des concours ouverts à cet effet, la rédaction de livres classiques dans l'intérêt de l'enseignement belge.

« L'honorable M. Dumortier n'est donc pas autorisé à dire que le gouvernement n'a rien fait depuis l'année dernière et qu'il n'a pas tenu la promesse qu'il avait faite à la Chambre de veiller à ce que les livres nationaux fussent introduits, autant que possible, dans l'enseignement.

"L'honorable M. Dumortier a parlé aussi d'une proposition qui a, en effel, été faite au gouvernement, d'établir une loterie pour la vente des livres des principaux fonds de librairie de la capitale.

« Messieurs, ce projet est beaucoup plus vaste et plus compliqué que ne le croit l'honorable membre. J'ai déjà examiné sérieusement ce projet et je ne pense pas que le moment soit venu de me prononcer à cet égar:). Certainement je désire vivement de venir en aide à l'industrie typographique, qui du reste ne souffre pas autant qu'on se plaît à le dire. Les souffrances qui existent aujourd'hui sont encore le résultat d'une surexcitation de production qui s'est fait remarquer il y a quelques années. S'il'y a quelques souffrances, s'il y a des capitaux engagés avec exagération dans les fonds de librairie, c'est peut-être un peu le résultat de la précipitation que l'on a mise à se faire concurrence et à éditer sans des chances suffiantes de vente. Je crois que la plupart des éditeurs conviennent eux-mêmes que là est la véritable cause des embarras qu'ils éprouvent et non dans la convention littéraire avec la France. ..

« Du reste, le nombre d'ouvrages belges qui a été déposé pendant l'année 1856 dépasse d'à peu près 100 le nombre d'ouvrages nationaux qui ont été déposés en 1855; ainsi sous ce rapport il y a encore un mouvement favorable à l'industrie nationale et à la littéralure nationale.

I Aussitôt que j'aurai le loisir, je me propose d'examiner à fond la queslion qui m'a été soumise par les industriels de Bruxelles. Mais je ne dissimule pas à la Chambre que c'est une question très-grave, question à laquelle se rattachent non-seulement des intérêts industriels, mais des intérêts moraux. »

M. Dumortier : « Je crois que les intérêts moraux ne se rattachent en aucune manière à la demande qui a été faite à M. le ministre, parce que les éditeurs ne demandent à mettre en lolcrie que les ouvrages sérieux. ;)

M. Tesch : « La loi ne permet pas cela. »
M. Dumortier : « Il y a toujours moyen d'en faire une.

« Dans des circonstances extraordinaires, on prend des mesures extraordinaires.

Je dis donc que la question morale n'est pour rien engagée dans ceci. Les éditeurs de Bruxelles comprennent qu'il y a un genre d'ouvrages auxquels fait allusion M. le ministre de l'intérieur, qui ne pourraient entrer dans l'opération dont il s'agit et ils demandent à ce que ces ouvrages en soient exclus, à ce que la loterie soit seulement autorisée pour les ouvrages sérieux. Or il y a encombrement de ces ouvrages dans les librairies et cela provient précisément des traités qui se font contre la contrefaçon, traités en vertu desquels les éditeurs belges ne peuvent plus exporter dans les pays où ils exportaient autrefois. Ils n'ont plus la vente en Belgique; ils n'ont plus la vente à l'étranger et ils sont frappés précisément par le fait du traité, quoi qu'en dise M. le ministre.

« Onant au second point, M. le ministre dit qu'il a fait des circulaires. Moi je demande s'il suffit de faire des circulaires pour engager à prendre tel ou tel livre ? Quand un gouvernement veut agir, ce n'est pas aux circulaires qu'il a recours. Il a le moyen des arrêtés. Un arrêté qui défendrait de donner en prix d'autres ouvrages que des ouvrages imprimés en Belgi

que, vaudrait mille fois mieux que toutes les circulaires possibles. Une circulaire, on la met de côté ; un arrêté, on doit s'y soumettre. Je crois que la librairie est dans un état assez périclitant, par suite du traité avec la France, pour que le gouvernement fasse en sa faveur quelque chose de plus sérieux que des circulaires. »

AVIS.

Nous croyons utile de rappeler à MM. les abonnés les formalités de dépôt que les auteurs ou éditeurs belges ont à remplir pour jouir des avantages que leur assurent les conventions littéraires conclues avec la France ct l'Angleterre ; nous ne saurions trop insister sur la nécessité du dépôt, sans lequel l'exercice du droit de propriété littéraire n'est assuré ni en France ni en Angleterre :

1° ConventION FRANCO-Belge. L'enregistrement s'applique aux livres, es'ampes, publications musicales, cartes géographiques et plans, et il n'a lieu que moyennant le dépôt d'un exemplaire.

Ce dépôt, pour être valable, doit être effectué dans les trois mois de la publication, soit à la chancellerie de la légation de France, rue des Douze-.jpôtres, 13, à Bruxelles, soit au ministère de l'intérieur de France, rue de Grenelle-St.-Germain, à Paris.

2° ConventION ANGLO-BELGE. - Le dépôt d'un exemplaire de tout ouvragc(livres, publications musicales, estampes, carles géographiques et plans) doit être fait à l'hôtel de la corporation des libraires, (Stationer's Hall), à Londres, dans les trois mois de la publication en Belgiquc. (Il est à remarquer que le dépôt ne peut pas être effectué à la chancellerie de la légation d’Angleterre.)

L'enregistrement de chaque ouvrage à Londres donne lieu au payement d'une taxe d'un franc vingt-cinq centimes. Il est délivré aux déposants qui en font la demande, et moyennant un droit de six francs vingtcinq centimes, un certificat de dépôt. Les exemplaires destinés au dépôt doive:t en outre parvenir franco à l'hôtel de la corporation des libraires.

3° DULLETIN DE DÉPÔT. - Chaque dépôt, effectué en exécution soit de la convention franco-belge, soit de la convention anglo-belge, doit être accompagné d'un bulletin de dépôt. Le ministère de l'intérieur a fait impr::ser des modèles des bulletins spéciaux pour la France et l'Angletcrre.

REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. ANNUAIRE de l'Observatoire royal de Bruxelles, par M. Quetelet, directeur de cet établissement. 1837, 27e année. In-32 de VI-150 pages. Bruxelles, M. Ilayez . . . . . . . . . . . . . . . . .. . 1-50

Le succès soutenu que cette publication obtient depuis plus de vingt ans, rend, pour ainsi dire, super

flu l'éloge que nous pourrions en faire. Chacun sait, sans que nous ayons besoin de le répéter, avec quelle

méthode, quelle clarté, quel ordre l'auteur de l'Annuaire de l'Observatoire de Bruxelles a su classer et resserrer dans son cadre restreint cette multitude de renseignements utiles, de données statistiques intéressantes, de connaissances indispensables qui font que ce petit livre se trouve dans les mains de tout le monde, hommes de cabinet, administrateurs, militaires, gens de lettres, etc.

L'Annuaire de l'Observatoire de Bruxelles aura indubitablement, cette année enc lui a jamais fait défaut.

ANNUAIRE de l'industrie, du commerce et de la banque en Belgique, d'après des documents recueillis et mis en ordre, par Ed. Romberg, directeur de la division de l'industrie au ministère de l'intérieur. Première année. In-12 de 296 pages. Bruxelles, Ch. Lelong; Paris, Guillaumin et ce . . . 4-00

Les gouvernements des divers pays où le commerce et l'industrie sont en bonneur, et où la question du travail national est placée en première ligne, ont entrepris depuis quelques années, avec la plus louable émulation, la publication de documents statistiques, variés et nombreux et coordonnés avec méthode et science. Mais ces documents sont renfermés dans de gros volumes, dans des rapports officiels, épars dans les publications de corps savants ou de commissions, où il n'est donné qu'à un très-petit nombre de compilateurs studieux de les puiser et de s'en approprier les résultats. Et cependant, la vulgarisation des faits de l'industrie, du commerce et des finances doit être le moyen le plus sur de concilier les opinious divergentes et d'amener les esprits impartiaux à la connaissance et à l'adoption des vraies doctrines d'une sage liberté. "

Les réflexions qui précèdent nous ont été inspirées par la lecture de l'annuaire publié tout récemment par M. Ed. Romberg, directeur de la division de l'industrie au ministère de l'intérieur. Ce volume trèsportatif de 300 pages, tout rempli de chiffres et de tableaux et offrant avec méthode et clarté, et par des faits officiels, l'état actuel de l'industrie et du commerce de la Belgique, le mouvement de son commerce avec l'etranger, sa situation financière, ses ressourees minières et manufacturières, et des données rétrospectives marquant avec netteté le progrès de toutes les sources de la prospérité industrielle du pays ; ce volume très-remarquable et très-utile commence une série de publications annuelles que le savant directeur livrera, chaque année, à cette portion sérieuse du public qui veut juger avec connaissance de cause, et à tous les entrepreneurs d'industrie, travailleurs et financiers qui veulent être tenus au courant des faits.

L'auteur, dans sa revue exacte et complète de nos industries, ne s'en est pas tenu à une nomenclature sèche et aride, il a fait précéder ses calculs de notices historiques très-intéressantes au point de vue des progrès apportés dans les moyens de production. Un choix beureux des rapports les plus substantiels de nos consuls met le lecteur à mème d'étendre aux contrées les plus lointaines ses recherches économiques et commerciales, au double point de vue des ressources propres de ces contrées et des relations que la Belgique peut nouer utilement avec elles.

M. Romberg termine son volume par la description de quelques-unes des inventions et importations de procédés nouveaux les plus dignes de fixer l'attention et qui seront époque dans le progrès industriel. C'est encore là une heureuse idée. Et il est peut-être à regretter que le cadre dans lequel l'auteur a voulu se restreindre ne lui ait pas permis de donner plus de développement à cette partie de son travail.

L'ouvrage de M. Roinberg sera accueilli avec faveur; son lire est un document très-utile à consulter ; écrit d'un style rapide et clair, il est plein d'observations fines et justes qui en rendront la lecture facile et attrayante. Aussi n'hésitons-nous pas à prédire à M. Romberg un succès durable s'il continue son ceuvre aussi utile par le fond qu'elle est recommandable par la forme.

FAITS DIVERS.

Le Moniteur du 6 janvier dernier a publié, dans sa partie officielle, le texte d'une convention additionnelle à la convention postale du 19 octobre 1844, conclue, le 8 janvier dernier, entre le royaume de Belgique et le gouvernement britannique.

Cette convention additionnelle porte que le pouvoir accordé aux deux offices des postes, par l'art. 41 de la convention du 19 octobre 1844, entre la Belgique et la Grande-Brelagne, pour régler les mesures de détail qui ont été arrêtées de concert pour assurer l'exécution de ladite convention, sera dorénavaut étendu à d'autres objets, et les deux offices auront pleine autorité d'introduire et de mettre à exécution, d'un commun accord, toutes modifications dans les prix de port autorisés par ladite convention à percevoir sur les lettres, journaux et imprimés échangés entre la Belgique et le Royaume-Uni, ou dans tous autres arrangements postaux, toutes les fois que, d'un commun accord, les deux gouvernements auront reconnu que ces modifications seront utiles au bien du service des postes des pays resdectiss.

Il est convenu aussi que les modifications, faites ainsi dans les prix de port ou dans d'autres arrangements postaux, pourront être modifiées par les deux offices des postes toutes les fois que, d'un commun accord, leurs gouvernements respectifs auront résolu que ces modifications seront utiles.

- Une souscription nationale est ouverte en ce moment pour la publications des peuvres de Marnix de Sainte-Aldegonde. Comment la Belgique, si fière de ses gloires et si jalouse de mettre ses grands hommes en lumière, a-t-elle laissé tomber dans l'oubli les cuvres d'un de ses citoyens les plus illustres, d'un des plus grands écrivains du'xvie siècle? C'est ce qu'on ne peut guère s'expliquer. Toujours est-il que les pamphlets de Marnix de Sainte-Aldegonde, véritables chefs-d'oeuvre où se reflète tout entière une des plus grandes époques, non-seulement de notre histoire, mais de la vie des peuples, sont aujourd'hui oubliés, ignorés du plus grand nombre, et, après avoir passionné l'Europe durant de longues années, n'ont été conservés à la postérité que par hasard, dans deux ou trois exemplaires échappés à la destruction, et dont un seul appartient à une bibliothèque publique.

MM. Albert Lacroix et François Van Meenen, en rendant ce précieux monument à notre littérature nationale, ont donc entrepris une cuvre dont on ne saurait trop leur savoir gré, et qui leur a valu déjà les plus honorables témoignages de sympathie, non-seulement en Belgique, mais dans tous les pays étrangers où s'est conservé, le culte des lettres. Ceite édition, qui sera enrichie d'une introduction et de notes dues à la plume savante de M. Edgar Quinet, est placée sous le patronage de MM. Edgar Quinet; Sylvain Van de Weyer, ministre plénipotentiaire à Londres; P. Van Meenen, président à la Cour de cassation; E. de Facqz, conseiller à la Cour de cassation, Verhaegen, représentant; F. Tielemans, conseiller à la Cour d'appel; de Bonne, membre du conseil provincial du Brabant; L. Jottrand, père; Félix Delhasse : Charles Rahlenbeck, consul de Saxe à Bruxelles; Eugène Van Bemmel, professeur à l'Université de Bruxelles; Louis de Fré (Joseph Boniface); Henri Samuel; J. Van Vloten, professeur à l'achénée de Deventer; Gunst, Meijer, directeurs du Dageraad, à Amsterdam; Karl Grun, ancien secrétaire de la Constituante de Prusse; Ausonio Franchi, directeur de la Ragione, à Turin; Dall'Ongaro, ancien membre de la Constituante romaine.

On le voit, se présentant sous de tels auspices, l'auvre de MM. Lacroix et Van Meenen ne peut être accueillie qu'avec une légitime faveur; mais à côté de ces recommandations honorables, le nom seul de Marnix de Sainte-Aldegonde suffirait, nous en sommes persuadé, pour lui assurer tout le succès qu'elle mérite dans un pays si jaloux de sa gloire, et qui met tant de soin à en conserver les titres.

NÉCROLOGIE.

M. Drapiez, savant distingué, auteur de plusieurs ouvrages scientifiques, notamment du Dictionnaire des sciences naturelles, de l'Encyclographie végétale, etc., etc., un des fondateurs du Jardin Botanique, ancien examinateur permanent de l'Ecole militaire, vient de s'éteindre à l'âge de 78 ans, après une longue maladie, contractée à la suite de nombreux travaux qui avaient absorbé toute son existence.

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