Billeder på siden
PDF
ePub

MA GUÉRISON. RÉPONSE A DES SEMUROIS QUI , POUR FAIRE

PASSER LA FOLIE QUE J'AI EUE D'ESSAYER DE GUÉRIR DES GENS INCURABLES , M'ONT ENVOYÉ DU VIN DE CHAMBERTIN ET 'DE ROMANÉE, EN M'ORDONNANT DES DOUCHES INTÉRIEURES PENDANT MON SÉJOUR

EN PRISON.

(SAINTE-PELAGIE.)
AIR: de la Treille de sincérité.

J'espère
Que le vin opère :
Oui, tout est bien , même en prison :
Le vin m'a rendu la raison.
Après un coup de Romanée,
La douche ayant calmé mes sens,
J'ai maudit ma muse obstinée
A railler les hommes puissans. (bis.)
Un accès pouvait me reprendre;
Mais, du topique effet certain !
J'avais de l'encens à leur vendre,
Après un coup de Chambertin.

J'espère, etc.
Après deux coups de Romanée,
Rougissant de tous mes forfaits,
Je vois ma chambre environnée
D'heureux que le pouvoir a faits. (bis.)
De mes juges l'arrêt suprême
Touche mon esprit libertin,
J'admire Marchangy lui-même,

Après deux

coups de Chambertin.

J'espère , etc. Après trois coups de Romanée, Je n'aperçois plus d'oppresseurs ; La presse n'est plus enchaînée, Le budget seul a des censeurs; (bis.) La Tolérance, par la ville, Court en habit de sacristain; Je vois pratiquer l'Evangile, Après trois

coups

de Chambertin. J'espère, etc. Au dernier coup de Romanée, Mon ceil, mouillé de joyeux pleurs, Voit la Liberté couronnée D'olivier, d'épis et de fleurs. (bis.) Les douces lois sont les plus fortes; L'avenir n'est plus incertain : J'entends tomber verrous et portes, Au dernier

coup

de Chambertin.

J'espère , etc. O Chambertin! ô Romanée! Avec l'aurore d'un beau jour, L'illusion chez vous est née De l'Espérance et de l'Amour. (bis.) Cette fée, aux humains donnée, Pour baguette tient du Destin Tantôt un cep de Romanée, Tantôt un cep de Chambertin.

J'espère , etc.

L'AGENT PROVOCATEUR.

REMERCIEMENS A DES BOURGUIGNONS QUI

M'AVAIENT ENVOYÉ DU VIN DES DIFFÉREN3 CRUS LES PLUS RENOMMÉS.

(SAINTE-PELAGIE.)
AIR : Je vais bientôt quitter l'empire.
Avec son habit un peu mince,
Avec son chapeau goudronné,
Comme l'honneur de la province,
Ce Bourguignon nous est donné. (bis.)
Quoiqu'il soit d'âge respectable,

Que d'un beau nom il soit porteur, (bis.)
Chut! mes amis; il fait jaser à table :

C'est un agent provocateur. (ter.)
Il est ami de l'infortune,
M'ont dit ceux qui l'ont annoncé ;
Pourtant un soupçon m'importune :
Par la police il a passé...* (bis.)
Plus d'un personnage notable

Là souvent devient délateur. (bis.)
Chut! mes amis; etc.

Mais il circule, et de la France
Déjà nous vantons les héros;
A nos yeux déjà l'espérance
Sourit à travers les barreaux. (bis.)
Enfin son charme inévitable

Sollicite un malin chanteur. (bis.)
Chut! mes amis; etc.

Il nous ferait chanter la gloire
* On visite tous les objets envoyés aux prison-

des

gens de police sont chargés de ce soin.

niers;

D'un sol fertile en joyeux ceps,
Et l'empereur dont la mémoire
Reste en honneur chez les Français... * (bis.)
Oui, sur Probus, prince équitable,

Il nous souffle un chorus flatteur. (bis.)
Chut! mes amis; etc.

De ce traître faisons justice :
Exprès prolongeons le dîner.

passé par la police,
Qu'il passe pour y retourner. (bis.)
Passe donc, ô vin délectable !

Retourne à ce lieu corrupteur. (bis.) Chut! mes amis; etc.

S'il a

[ocr errors][merged small]

AIR : des Chevilles de maître Adam
ou Air nouveau de M. Meissonnier.

Amis, voici la riante semaine,
Que tous les ans je fêtais avec vous.
Marotte en main, dans le char qu'il promène ,
Momus au bal conduit sages et fous.
Sur ma prison, dans l'ombre ensevelie,
Il m'a semblé voir

passer

les Amours.
J'entends au loin l'archet de la folie :
O mes amis, prolongez d'heureux jours!
Oui, je les vois ces danses amoureuses
Où la beauté,triomphe à chaque pas.

[ocr errors]

* La Bourgogne est redevable à Probus, empereur romain, de la plupart des vignes qui depuis ont fait sa richesse.

De vingt danseurs je vois les mains lieureuses
Saisir, quitter, ressaisir mille

appas.
Dans ces plaisirs que votre cæur m'oublie :
Un seul mot triste en peut troubler le cours.
J'entends au loin, etc.
Combien de fois, auprès de la plus belle,
Dans vos banquets, j'ai présidé chez vous !
Là, de mon cøur jaillissait l'étincelle
Dont la gaîté vous électrisait tous.
De joyeux chants ma coupe était remplie;
Je la vidais, mais vous versiez toujoursa
J'entends au loin, etc.
Des jours charmans la perte est seule à craindre;
Fêtez-les bien, c'est un ordre des cieux.
Moi, je vieillis, et parfois laisse éteindre
Le
peu

d'encens dont je nourris mes dieux.
Quand la plus tendre était la plus jolie,
Des fers alors m'auraient paru bien lourds.
J'entends au loin , etc.
Mais accourez , dès qu'une longue ivresse
Du calme enfin vous impose la loi,
Dernier rayon, qu'un reste d'allégresse
Brille en vos yeux et vienne jusqu'à moi.
Dans vos plaisirs ainsi je me replie :
Je suis vos pas, je chante vos amours.
J'entends au loin, etc.

L'OMBRE D'ANACRÉON.

(SAINTE-PÉLAGIE.)

AIR : de la Sentinelle,

ou Air nouveau de Dupaty. Un jeune Grec sourit à des tombeaux : Victoire! il dit; l'écho redit: Victoire!

« ForrigeFortsæt »