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que nous fait la

pourpre même ?

Nous n'attendons plus que Lisette ;
Fortune , passe ton chemin.

Pan ! pan! etc.
Si l'on en croit ce qu'elle dit,
Son or chez nous ferait merveilles.
Mais nous avons lå vingt bouteilles,
Et le traiteur nous fait crédit.

Pan! pan ! etc.
Elle offre perles et rubis,
Manteaux d'une richesse extrême.
Eh!
Nous venons d'ôter nos labits.

Pan! pan! etc.
Elle nous traite en écoliers,
Parle de gloire et de génie.
Hélas ! grace à la calomnie,
Nous ne croyons plus aux lauriers.

Pan! pan ! etc.
Loin des plaisirs, point ne voulons
Aux cieux être lancés

· par Sans même

essayer

la nacelle, Nous

voyons s'enfler ses ballons.

Pan! pan ! etc.
Mais tous nos voisins attroupés
Implorent ses faveurs traîtresses :
Ah! chers amis, par noș, mattresses
Nous serons plus gaiment trompés.

Pan! pan! etc.

elle :

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LOUIS XI*.
AIR : Sans un petit brin d'amour.
Heureux villageois, dansons:

Sautez , fillettes

Et garçons !
Unissez vos joyeux sons,

Musettes

Et chansons !
Notre vieux roi, caché dans ces tourelles ,

Louis, dont nous parlons tout bas,
Veut essayer , au temps des fleurs nouvelles,

S'il peut sourire à nos ébats.

Heureux villageois, etc. Quand sur nos bords ou rit, on chante, on aime,

Louis se retient prisonnier. Il craint les grands, et le peuple et Dieu même;

Surtout il craint son héritier.

Heureux villageois, etc. Voyez d'ici briller cent liallebardes ,

Aux feux d'un soleil pur et doux. N'entend-on

pas

le Qui vive des gardes , Qui se mêle aux bruits des verroux ?

Heureux villageois, etc.
Il vient! il vient! Ah! du plus humble chaume

Ce roi peut envier la paix :
Le voyez-vous, comme un påle fantôme,

A travers ces barreaux épais?

Heureux villageois, etc. On sait que ce roi , retiré au Plessis-lez-Tours, avec Tristan, confident et exécuteur de ses cruautés, voulait voir quelquefois les paysans danser devant les fenêtres de son château.

Dans nos hameaux , quelle image brillante

Nous nous faisions d'un souverain ! Quoi! pour le sceptre une main défaillante !

Pour la couronne un front chagrin!

Heureux villageois, etc.
Malgré nos chants, il se trouble, il frissonne ;

L'horloge a causé son effroi :
Ainsi toujours il prend l'heure qui sonne,

Pour un signal de son beffroi.

Heureux villageois, etc.
Mais notre joie, hélas ! le désespère :

Il fuit avec son favori.
Craignons sa haine, et disons qu'en bon père

A ses enfans il a souri.

Heureux villageois, etc.

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LES ADIEUX A LA GLOIRE.

(DÉCEMBRE 1820.) '
AIR : Je commence à m'apercevoir,

Qu'il en est d' la musique.(D'ALEXIS.)
Chantons le vin et la beauté :

Tout le reste est folie.

Voyez comme on oublie
Les hymnes de la liberté.

'. Un peuple brave

Retombe esclave :
Fils d'Epicure , vavrez-moi votre cave.

La France, qui souffre en repos,

Ne veut plus que mal-d-propos J'ose en trompette ériger mes pipeaux.

Adieu donc, pauvre gloire !

Déshéritons l'luistoire.
Venez, Amours, et versez-nous à boire.

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que pour moi

Quoi! d'indignes enfans de Mars

Briguaient une livrée,

Quand ma muse éplorée
Recrutait

pour

leurs étendards!
Ah! s'il m'arrive

Beauté naïve,
Sous ses baisers ma voix sera captive ;

Ou flattons si bien,

On exhume aussi quelque emploi ; Oui, noir ou blanc, soyons le fou du roi.

Adieu donc, etc.
Des excès de nos en nemis

Chaque juge est complice ,

Et la main de justice
De soufflets accable Thémis.

Plus de satire!

N'osant médire, J'orne de fleurs et ma coupe et ma lyre.

J'ai trop bravé nos tribunaux;

Dans leurs dédales infernaux, J'entends Cerbère et ne vois point Minos, Adieu donc,

etc.
Des tyrans par nous soudoyés

La faiblesse est connue :

Gulliver éternue,
Et tous les nains sont foudroyés.

Mais, quelle image!

Non, plus d'orage;
De nos plaisirs redoutons le naufrage :

Opprimés, gémissez plus bas.

Que nous fait, dans un gai repas,
Que l'univers souffre ou ne souffre pas ?"

Adieu donc , etc.
Du sommeil de la liberté

Les rêves sont pénibles :

Devenons insensibles
Pour conserver notre gaîté.

Quand tout succombe,

Faible colombe,
Ma muse aussi sur des roses retombe.

Lasse d'imiter l'aigle altier,

Elle reprend son doux métier : Bacchus m'appelle , et je rentre au quartier.

Adieu donc, ete.

LES DEUX COUSINS,

OU

LETTRE

D'UN PETIT ROI A UN PETIT DUC.

AIR : Daignez m'épargner le reste. Salut! petit cousin-germain; D'un lieu d'exil j'ose t'écrire. La Fortune te tend la main : Ta naissance l'a fait sourire. Mon premier jour aussi fut beau : Point de Français qui n'en convienne. Les rois m'adoraient au berceau, Et cependant je suis à Vienne ! Je fus bercé par des faiseurs De vers, de chansons, de poèmes : Ils sont, comme les confiseurs , Partisans de tous les baptêmes. Les eaux d'un fleuve bien mondain Vont laver ton ame chrétienne : On m'offrit de l'eau du Jourdain , Et cependant je suis à Vienne!

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