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Mais, pour que l'appétit revienne,
Je dis mes Graces lorsqu'enfin

Je n'ai plus soif, je n'ai plus faim. Toujours l'espoir suit le plaisir qui passe : Que vous êtes bon, mon Dieu, je vous rends grace! Omon Dieu , mon Dieu, je vous rends grace!

Mon voisin , faible de cerveau ,
Ne boit jamais son yin sans eau.
Rien qu'à voir mousser le Champagne,
Déjà la migraine le gagne ;
Tandis

que, pur et coup sur coup, Pour ma santé je bois beaucoup. Vous savez seul comment tout cela

passe; Que vous êtes bon, etc.

De soupçons jaloux assiégé ,
Dorval n'a ni bu ni mangé.
Cet époux sans philosophie
Par bonheur de nous se défie,
Et tient sa femme, aux yeux si doux,

Sous triple porte à deux verroux.
Par la fenêtre il fait tout pour qu'on passe.
Que vous êtes bón, etc.

Certain soir, monsieur célébra
Une déesse d'Opéra :
Pour prix d'un grain d'encens profane ,
Vite au régime on le condamne.
Sans accident , moi j'ai fêté

Huit danseuses de la Gaité.
Pour un miracle on veut

que Que vous êtes bon, etc.

Mais quel convive assis là-bas
N'ose rire et ne chante pas?
Chut! me dit-on, c'est un vrai sage ,
Qui dans les cours a fait naufrage.

cela passe.

Quoi! chez nous, cet homme rêveur

Des rois regrette la faveur!
Plus sage, moi , je sais comme on s'en passe.
Que vous êtes bon, etc.

A table trouvant tout au mieux,
Je crois qu'un ordre exprès des cieux
Tient en haleine la

sagesse,
Des fous ménage la faiblesse,
Et fait de la vie un repas

Dont le dessert ne finil pas.
Oui, c'est ainsi que jeunesse se passe.
Que vous êtes bon, etc.

LA MÈRE AVEUGLE.

AIR : Une fille est un oiseau.

Tout en filant votre lin
Écoutez-moi bien, ma fille.
Déjà votre coeur sautille
Au nom du jeune Colin.
Craignez ce qu'il vous conseille;
Quoique aveugle, je surveille ;
A tout je prête l'oreille ,
Et vous soupirez tout bas.
Votre Colin n'est qu'un traître....
Mais vous ouvrez la fenêtre;
Lise, vous ne filez pas. (ter.)
Il fait trop chaud , dites-vous;
Mais
par

la fenêtre ouverte ,
A Colin , toujours alerte,
Ne faites

pas
les
yeux

doux.
Vous vous plaignez que je gronde!
Hélas! je fus jeune et blonde :

Je sais combien dans ce monde
On peut faire de faux pas.
L'amour trop souvent l'emporte...
Mais quelqu'un est à la porte;
Lise, vous ne filez pas. (ter.)
C'est le vent, me dites-vous,
Qui fait crier la serrure;
Et mon vieux chien qui murmure
Gagne à cela de bons coups.
Oui, fiez-vous à mon âge :
Colin deviendra volage ;
Craignez, si vous n'êtes sage,
De pleurer sur vos appas...
Grànd Dieu! que viens-je d'entendre?
C'est le bruit d'un baiser tendre ;
Lise, vous ne filez pas. (ler.)
C'est votre oiseau , dites-vous,
C'est votre oiseau qui vous baise;
Dites-lui donc qu'il se taise,
Et redoute mon courroux.
Oh! d'une folle conduite
Le déshonneur est la suite;
L'amant qui vous a séduite
En rit même entre vos bras.
Que la prudence vous sauve...
Mais vous allez vers l'alcôve;
Lise, vous ne filez pas. (ter.)
C'est

pour dormir, dites-vous?
Quoi! me jouer de la sorte!
Colin est ici ; qu'il sorte ,
Ou devienne votre époux.
En attendant qu'à l'église
Le séducteur vous conduise,
Filez, filez , filez , Lise,

$

Près de moi, sans faire un pas.
En vain votre lin s'embrouille;
Avec une autre quenouille ,
Non, vous ne filerez pas.

CHARLES VII.

Musique de M. B. Wilhem.

Je vais combattre, Agnès l'ordonne; Adieu, repos ; plaisirs, adieu! J'aurai, pour venger ma couronne, Des héros, l'amour et mon Dieu. Anglais, , que le nom de ma belle Dans vos rangs porte la terreur. J'oubliais l'honneur auprès d'elle , Agnès me rend tout à l'honneur. Dans les jeux d'une cour oisive, Français et roi, loin des dangers, Je laissai la France captive, En proie au fer des étrangers. Un mot, un seul mot de ma belle A couvert mon front de rougeur. J'oubliais, etc. S'il faut mon sang pour la victoire, Agnès , tout mon sang coulera. Mais non ; pour l'amour et la gloire, Victorieux, Charles vivra. Je dois vaincre ; j'ai de ma belle Et les chiffres et la couleur. J'oubliais, etc. Dunois, La Trémouille, Saintrailles, O Français, quel jour enchanté! Quand des lauriers de vingt batailles

Je couronnerai la beauté!
Français, nous devrons à ma belle ,
Moi la gloire, et vous le bonheur.
J'oubliais, etc.

LA BONNE FILLE,

OU

LES MOEURS DU TEMPS.

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( 1812.)
AIR : Il est toujours le même.
Je sais fort bien que sur moi l'on babille,

Que soi-disant
J'ai le ton trop plaisant ;
Mais cet air amusant
Sied si bien à Camille!
Philosophe par goût,

Et toujours et de tout
Je ris, je ris, tant je suis bonne fille!
Pour le théâtre ayant quitté l'aiguille,

A mon début,
Craignant quelque rebut,
Je me livre en tribut
Au censeur Mascarille;
Et ce cuistre insolent

Dénigre mon talent;
Mais moi , j'en ris, tant je suis bonne fille!
Un sénateur, qui toujours apostille,

Dit : Je voudrais
Servir tes intérêts.
Lors j'essaie à grands frais
D'échauffer le vieux drille.

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