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Ma Jeannette a de l'esprit.
Fi! des coquettes, etc.

A table dans une fête ,
Cette espiègle me tient tête
Pour les propos libertins.
Elle a la voix juste et pure,
Sait les plus joyeux refrains ;
Quand je l'en prie , elle jure,

Elle boit de lous les vins.
Fi! des coquettes, etc.

Belle d'amour et de joie ,
Jamais d'une riche soie
Son corsage n'est paré.
Sous une toile proprette
Son triomphe est assuré ;
Et, sans nuire à sa toilette,

Je la chiffonne à mon gré.
Fi! des coquettes , etc.

La nuit, tout me favorise ;
Point de voile qui me nuise,
Point d'inutiles soupirs.
Des deux mains et de la bouche
Elle altise les désirs,
Et rompit vingt fois sa couche

Dans l'ardeur de nos plaisirs.
Fi! des coquettes, etc.

ON S'EN FICHE.

AIR : Le fleuve d'oubli.

De traverse en traverse,
Tout va dans l'univers

De travers.
Toute femme est perverse ,

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Tout traiteur exigeant

Pour l'argent.
A tout jeu le sort nous triche;
Mais enfin est-on gris ,

Biribi,

On s'en fiche! (ler.)
Désespoir d'un ivrogne ,
Vient un marchand maudit

Qui vous dit
Qu'en Champagne, en Bourgogne,
Les coteaux sont grêlés

Et gelés.
A tout jeu , etc.

Oubliez une delle,
Chez vous entre un huissier

Bien grossier,
Qui vend table et couchette ,
Et trouve encor de quoi

Pour le roi.
A tout jeu, etc.

Aucun plaisir n'est stable:
Pour boire est-on assis

Cinq ou six ;
Avant vous sous la table
Tombent deux, trois amis

Endormis.
A tout jeu , etc.

C'est trop d'une maîtresse :
Que je fus malheureux

Avec deux!
Que j'eus peu

de

sagesse D'en avoir jusqu'à trois

A la fois ! A tout jeu, etc.

De ma misanthropie
Pardonnez les accès

Et l'excès ;
Car je crains la pépie ,
Et je ne vois qu'abus

El vins bus.
A tout jeu, etc.

A ANTOINE ARNAULT ,

MEMBRE DE L'INSTITUT,
LE JOUR DE SA FÊTE.

( ANNÉE 1812.)

AIR : du Ballet des Pierrots.
Je viens d’Montmartre avec ma bête
Pour fêter ce maître malin,
Et n'crains point qu'au milieu d'la fêle
Un bon mot m'renvoie au moulin.
On dit qu'avec plus d'un génie
Antoin' prend plaisir à cela.
Nous qui n'somm's pas

d' l'Académie,
Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.
Il n' s'en tient pas à des saillies ;
Dans plus d'un genre il est heureux,
J'sais mêm' qu'il fait des tragédies ,
Quand il n'est pas trop paresseux *.
De la Merpomène idolâtre,
Qu'il fass' mourir par-ci], par-là.
Nous qui n'somm's pas d’zhéros d'tlıéâtre ,
Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.
On m'assur' qu'il vient d’faire un livre
Où c' qu'y a du bon : je l' crois bien.
C' docteur-là nous enseigne à vivre

Je crois inutile de rappeler ici les succès dramatiques de l'auteur de Marius , des VENITIENS, etc.

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Par la bouch' d'un arbre ou d'un chien.
A messieurs les Polichinelles *
Il dit : Vous en voulez, en vlåd?
Nous, qui n' tenons pas les ficelles ,
Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.
A la cour il s' moqu’rait, je ľgage ,
Mêm' de messieurs les chambellans.
De c' pays n'ayant pas l' langage,
Il vant la paix aux conquérans.
A d' grands seigneurs qui n' sont pas mincès,
Sans

ramper toujours il parla,
Nous, qu'on n'a pas encor faits princes ,
Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.
Mais , quoiqu'malin, z'il est bonhomme ;
D'mandez à sa fille, à ses fils.
Ah ! qu'il soit toujours aimé comme
Il aime ses nombreux amis !
Que l' secret d' son bonheur suprême
Reste à c'te gross' maman que v'là.
Nous qui sommes d' ceux qu'Antoine aine ,
Souhaitons-lui d' ces vrais plaisirs-là.

Notá. On trouvera peut-être que cette chanson, comme beaucoup d'autres des miennes, était peu digne de voir le jour. En effet, je ne la divre à l'impression que parce qu'elle m'offre l'occasion de payer un tribut d'éloges à l'un de nos littérateurs les plus distingués. Je regrette qu'elle ne soit pas meilleure, et surtout que le ton qui y règne ne m'ait pas permis d'y faire entrer l'expression de ma reconnaissance particulière pour l'homme excellent dont l'amitié me fut si longtemps utile, et me sera toujours précieuse.

Polichinelle est le héros d'une des plus jolies fables du recueil de M. Arnault, recueil apprécié

par tous les gens de goût, et dont la réputation ne peut qu'aller ep augmentant.

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TRAITÉ DE POLITIQUE

A L'USAGE DE LISE.

( MOIS DE MAI 1815.)

AIR : Un magistrat irréprochable. Lise, qui règne par

la

grace
Du Dieu qui nous rend tous égaux;
Ta beanté, que rien ne surpasse,
Enchaîne un peuple de rivaux.
Mais, si grand que soit ton empire,
Lise , tes amáns sont Francais :
De tes erreurs permets de rire,
Pour le bonheur de tes sujets.
Combien les belles et les princes
Aiment l'abus d'un grand pouvoir !
Combien d'amans et de provinces
Poussés enfin au désespoir !
Crains

que

la révolte ennemie
Dans ton boudoir ne trouve accès ;
Lise, abjure la tyrannie,
Pour le bonheur de tes sujets.
Par excès de coquetterie
Femme ressemble aux conquérans ,
Qui vont bien loin de leur patrie
Dompter cent peuples différens.
Ce sont de terribles coquettes !
N'imite

pas

leurs vains projets.
Lise, ne fais plus de conquètes ,
Pour le bouheur de tes sujets.
Grace aux courtisans pleins de zèle ,
On approche des potentats
Moins aisément

que

d'une belle Dont un jaloux suit tous les

pas.

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