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Que l'on ne résoudra jamais.

Sur l'histoire des temps modernes ou gothiques,
Comparez des auteurs les savantes chroniques;
Aux nombeux professeurs du langage français,
Demandez avec soin quel est le vrai principe
Qui doit enfin régir notre ingrat participe.
Des Rois ou de Thémis fréquentez les palais;
Des enfans d'Esculape observez les systèmes;
Osez dans les Dulucs et les Buffons eux-mêmes,
De la sage nature épier les secrets:

Des Lokes et des Condorcets,
Méditez nuit et jour la science suprême;

Et vous direz, un peu surpris:
Hélas! j'ai seulement appris
Que parmi nous tout est problême.

Oui, mon Fils; et l'on sait que ces problêmes vains,
Enfans capricieux d'un aveugle génie,

N'ont offert aux pauvres humains
Que des résulats incertains.
Soit préjugé, soit fantaisie,

Le goût, l'opinion, la mode, tout varie;
On vit un malheureux Pradon
Triompher de Racine au siècle de lumière:
Ce fut la cabale, dit-on,

Mais hier, aux Français, on a sifflé Molière ;
Ou sottise, ou cabale, il ne m'importe guère;
Malgré les cris du Feuilleton,

La vérité que je révère

N'en reçoit pas moins un affront;
Et mon chagrin le plus profond,
Et ma douleur la plus amère,
Est de voir régner sur la terre
L'injustice qui la confond.

Je veux donc chérir la science
Où l'on ne peut me dire, non,
Ni méconnoître la raison,
Ni contester la différence;
Où la modeste fraction

Est utile sans arrogance;

Où jusqu'à l'infini s'élève une puissance
Qui ne peut m'effrayer par son ambition....
O du sage calcul exacte connoissance!
Si vous êtes ce puits peu connu des humains,
Où la vérité fut réduite

A cacher ses attraits divins,

Je veux sans plus tarder y descendre à sa suite;
Viens, ne séparons pas, cher Villiam, nos destins ;
Viens, et sans redouter le séjour qu'elle habite,
Ne songeons qu'au plaisir de pouvoir désormais
Parer de quelques fleurs ce modeste palais.
La vaine opinion, souveraine du monde,
Divise les mortels suivant son gré fatal;

L'un dit c'est bien, l'autre c'est mal,
Alors ma peine est sans seconde ;
Chacun m'offre son préjugé,
Et je veux une règle sûre,
Entre divers conseils mon esprit partagé,

Craint, entreprend, s'arrête, hésite, se rassure,
S'alarme encor, et finit par conclure
Que les donneurs d'avis l'ont fort importuné.
J'en atteste ici l'aventure

Du meûnier, bon vieillard, contredit et berné,
De son jeune fils consterné,
Quand une semonce un peu
Le sépara de sa monture,
Et de l'âne tout étonné,

dure

De changer si souvent d'allure;
Mais avec eux, mon Fils, qui n'a pas voyagé!
Pour moi, j'en garde la mémoire,

Bien qu'il soit merveilleux d'en retrouver l'histoire

Dans Lafontaine corrigé :

Corrigé! Ce mot seul me réduit au silence,
L'un en rira, l'autre criera vengeance;
Entre ces extrêmes connus "
J'aime à choisir de préférence

Un des moyens qui me convient le plus,

C'est l'oubli d'une extravagance;

Mais pour vous oublier mes vœux sont superflus,
Tendre Cymodocée, intéressant Eudore,
Jeunes infortunés qu'une bête dévore,

Pourrois-je à vos destins refuser quelques pleurs,
Et sans frémir verrai-je encore

Quinze siècles passés s'accroître vos malheurs!
Martyrs jadis d'une cause sacrée,
On vit alors les anges protecteurs
De vos tourmens abréger la durée;
Victimes aujourd'hui de vos tendres erreurs
La critique obstinée, à la dent meurtrière,
Veut avec notre ennui prolonger vos douleurs.
Hélas! je sais que la raison austère

Doit, sans pitié pour les sensibles cœurs,
Contre vos charmes séducteurs,

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Prononcer un arrêt sévère;

Mais s'il falloit vous résigner

A la rigueur d'un nouveau sacrifice,
On auroit dû vous épargner

Le même genre de supplice.

O mes chiffres! venez, à vous seuls j'ai recours,

La paix qu'on trouve ailleurs, dans votre sein réside; Asile inaccessible aux frivoles amours,

Rien n'y peut alarmer l'innocence timide;
Vous êtes à l'esprit de l'erreur effrayé

Ce qu'est l'astre divin qui rend le jour au monde,
Aux yeux du voyageur qu'égaroient sans pitié
Ces feux follets errans dans une nuit profonde;
Infidèle lueur qui, toujours vagabonde,
S'approche, fuit, revient, brille, s'évanouit,
Et semble se jouer de l'œil qui la poursuit.
Mes chiffres, c'est ainsi que votre heureuse étude,
Après de longs ennuis, m'offrit quelques beaux jours;
C'est ainsi que je dois à votre heureux secours
Repos, lumière, certitude;

Peut-être.... Ah parmi vous, peut-être est ignoré,
Non, parmi vous il n'est point de peut-être ;

Par-tout ailleurs il est le maître
De nous égarer à son gré:

Je le sais; mais enfin, peut-être, ai-je attiré,
Aux charmes d'un calcul, toujours sûr, infaillible,
Ce jeune et fier chasseur à la gloire sensible,
Et qui souvent, hélas, trompé dans son espoir,
Ne peut, malgré l'ardeur de l'illustre Cyane (*),
Compter autant d'exploits que l'amant de Diane.
Peut-être aussi mon zèle, et j'ai dû le prévoir,
A-t-il tout bas lassé sa patience;

Un long discours expose à ce danger;
Mais l'orateur s'avise d'y songer

Un peu trop tard; et c'est une imprudence.
Fût-il d'un air de complaisance,
Ecouté jusqu'à la fin,

Moderne Cicéron, qu'il n'en soit pas trop vain,
L'air le plus attentif peut ne prouver enfin,
Que politesse et déférence :

Le plaisir n'est pas si certain,
Et je me hâte en conséquence,
De résumer cet entretien.

Comptons, mon Fils, et comptons bien.
N'oublions pas
l'étourderie

Du jeune possesseur d'un riche capital,

Qui, pour avoir calculé mal,
Fut conduit en cérémonie

De son hôtel à Sainte-Pélagie,
Bientôt après à l'hôpital.
Et pour en venir au moral,

Heureux, en calculant les chances de la vie,
Celui qui sut toujours se préserver d'erreur.
Dignité, puissance, noblesse,
Plaisir, amour santé, richesse,

Tout sembloit à Damon promettre le bonheur;
Excès, satiété, dégoût, langueur, détresse,

(*) Chienne de chasse.

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La Corbeille de Fleurs et le Panier de Fruits, ou la Récolte de chaque mois offerte aux jeunes demoiselles; par JAUffret, auteur du Courrier des Enfans et des Adolescens, etc.

SUR

:

UR un joli papier rose on voit une corbeille de fleurs autour de laquelle voltigent des papillons, et que renferine un cadre tissu de feuillages. On ouvre le cahier, et les yeux se fixent sur une gravure agréablement coloriée, qui représente la Prime - vère des jardins en parcourant le recueil on trouve encore une autre fleur, c'est la Violette également bien représentée. Ces deux fleurs sont accompagnées de descriptions, où l'auteur n'a point ménagé le style poétique. Suivent deux petits contes, une romance notée, et pour couronner l'œuvre une énigme : voilà ce que M. Jauffret offre aux demoiselles dans cette première livraison d'un ouvrage qui leur est destiné, et qui paroîtra deux fois par mois, et alternativement sous les deux titres de la Corbeille de Fleurs et du Panier de Fruits. L'idée de cet ouvrage est d'une imagination douce; et c'est une de ces innocentes conceptions qui

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