Billeder på siden
PDF
ePub

ARCHIVES

DES DÉCOUVERTES

ET

DES INVENTIONS NOUVELLES.

PREMIÈRE SECTION.

SCIENCES.

1. SCIENCES NATURELLES.

GÉOLOGIE.

Sur les volcans de l'intérieur de l'Asie centrale; par M. A. DE HUMBOLDT.

Lɛ Pé-Chan, qui appartient à la grande chaîne du Thian-Chan, et qui se trouve sur le chemin de Koutche à Korgas, est un volcan qui ne brûle plus, il est vrai, aujourd'hui, mais qui, dans des temps historiques, vomissait des torrens de laves. Il est à 400 lieues marines de la mer Caspienne, à l'ouest; à 500 de la mer Glaciale, au nord; à 504 du GrandOcéan, à l'est; à 440 de la mer des Indes au sud. A l'est de cette montagne, toute la pente orientale du

ARCH. DES DÉCOUV. DE 1830.

1

CARCUS

A

Thian-Chan offre des phénomènes volcaniques; on y voit des laves et des pierres ponces, et même de grandes solfatares que l'on nomme des lieux brûlans. La solfatare d'Ouromtsi a 5 lieues de circonférence; en hiver, elle n'est pas couverte de neige, et on la croirait remplie de cendres; si on jette une pierre dans ce bassin, il s'en élève des flammes et une fumée noire. Les oiseaux ne se hasardent pas à voler audessus des lieux brûlans.

A l'ouest, et à 60 lieues du Pé-Chan, il y a un lac d'une étendue assez considérable. Si l'on franchit la chaîne volcanique du Thian-Chan, on trouve à l'estsud-est du lac Joli-Koul et du volcan du Pé-Chan, le volcan du Tour-Fan, qui offre une colonne continuelle de fumée qui, la nuit, est lumineuse. Les oiseaux qui en sont éclairés paraissent de couleur rouge. Pour y aller chercher le sel ammoniac, les habitans mettent des sabots, car des semelles de cuir seraient trop vite brûlées. Le sel se présente communément comme une croûte formée par la condensation des vapeurs; mais on en obtient aussi en faisant évaporer un liquide verdâtre qui s'amasse dans les cavités. Ce dernier est à beaucoup près le plus pur.

*3*

Les volcans de Pé-Chan et de Ho-Tcheou sont éloignés de 140 lieues de la direction de l'est à l'ouest. A 40 lieues à l'ouest du méridien de Ho-Tcheou se trouve la solfatare d'Ouromtsi ; à 140 lieues au nord-ouest de celle-ci, dans une plaine voisine des rives du Khobok, s'élève une colline dont les fentes sont très chaudes, sans cependant exhaler de vapeurs

visibles. L'ammoniaque s'y dépose en formant des croûtes si solides qu'on est obligé de briser la pierre pour le recueillir. A ces quatre lieux, qui offrent des phénomènes volcaniques si bien avérés, il faut joindre le mont conique situé au milieu du lac Ala-Koul, dans le territoire volcanique du Bich-Balik, et qui était encore en ignition dans les temps historiques. On connaît donc, dans l'intérieur de l'Asie, un terrain volcanique dont la surface est de plus de 2,500 lieues carrées, et qui est éloigné de 3 à 400 lieues de la mer; il remplit la moitié longitudinale de la vallée située entre l'Altaï et le Thian-Chan, et il paraît que cette dernière chaîne est le siége principal de l'action volcanique.

Des deux côtés, au nord et au sud de Thian-Chan, on ressent de violens tremblemens de terre. On en éprouve, d'une part, entre les lacs Balkaschi et IssiKoul, de l'autre, dans le profond bassin du lac Baïkal, et à Irkoutsk, qui en fut presque renversé en 1829. Dans le mois d'avril suivant, des commotions violentes furent observées dans la profondeur des mines de Ridderski; mais ce point de l'Altaï est le point extrême du cercle des secousses; et dans les plaines de la Sibérie, situées plus à l'ouest entre l'Altaï et l'Oural, il n'y a eu jusqu'à présent aucun ébranlement sensible.

A l'ouest du territoire volcanique de Bich-Balik se trouve le grand affaissement voisin de la mer Caspienne, et sur les limites duquel des voyageurs qui se rendaient d'Ourbourg en Boukharie, ont observé des

sources thermales jaillissantes. Au sud et à l'ouest de la mer Caspienne se trouvent deux volcans en activité, le Démavend visible de Teheran, et le Serban de l'Ararath, couvert de laves vitreuses. On connaît en outre les trachytes, les porphyres et les sources thermales du Caucase, la source de naphte et les salses si nombreuses des deux côtes de l'isthme entre la mer Caspienne et la mer Noire, et le volcan boueux de Laman, dont la dernière éruption ignée est de 1794. A 3 lieues de la mer Caspienne, dans la province de Bakou, au mois de novembre 1827, un tremblement de terre assez fort fut suivi d'une éruption de flammes et de pierres; un emplacement long de 200 toises et large de 150, brûla pendant vingt-sept heures sans interruption, et s'éleva au-dessus du niveau du terrain voisin. Après que les flammes furent éteintes, on vit jaillir des colonnes d'eau qui coulent encore comme des puits artésiens.

D'après ce qui vient d'être exposé, on voit que la circonstance remarquable du voisinage de la mer dans les lieux où des volcans sont encore en activité, semble avoir moins pour cause l'action chimique de l'eau que le défaut de résistance que, dans le voisinage des bassins maritimes, les masses du continent soulevées opposent aux fluides élastiques et à l'issue des matières qui se trouvent en fusion dans l'intérieur de notre planète. (Le Temps, 8 janvier 1830.)

Sur les volcans du Japon; par M. KLAPROTH. La grande île de Kiousiou, par laquelle commence

le Japon au sud-ouest, est très volcanique dans ses parties occidentale et méridionale. Sur l'Ounzen-gaDake, on voit plusieurs cratères qui jetaient une boue noire et de la fumée. Dans les premiers mois de l'année 1793, le sommet de ce volcan s'affaissa entièrement; des torrens d'eau bouillante sortirent de toutes parts de la cavité profonde qui en résulta, et la vapeur qui s'éleva au-dessus ressemblait à une fumée épaisse. Trois semaines plus tard, il y eut une éruption du volcan Bivo-no-Koubi, environ à une demilieue de distance du sommet : la flamme s'éleva à une grande hauteur; la lave qui en découla s'étendit avec rapidité au bas de la montagne, et en peu de jours tout fut en flammes dans une circonférence de plusieurs milles. Un mois après, un tremblement de terre se fit sentir par toute l'île de Kiousiou; il se répéta plusieurs fois, et finit par une éruption terrible du mont Miyi-Yama, qui couvrit tout le pays de pierres.

Dans l'intérieur de la province de Figo est le volcan Aso-Noyema, qui jette des pierres et des flammes. Ces dernières sont de couleur bleue, jaune et rouge. Enfin la province de Salsouma est entièrement volcanique et imprégnée de soufre; les éruptions n'y sont pas rares.

Le phénomène volcanique le plus mémorable au Japon eut lieu dans l'année 285 avant notre ère: alors un immense écroulement forma, dans une seule nuit, le grand lac nommé Mitsou-Oumi. Du fond de ce lac sortit, dans l'année 82 avant Jésus-Christ, la grande île de Tsikou-Bosima, qui existe encore. Dans le même

« ForrigeFortsæt »