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MON AME.

AIR : Des Scythes et des Amazones.

C'est à table , quand je m'enivre
De gaîté , de vin et d'amour,
Qu'incertain du temps qui va suivre,

J'aime à prévoir mon dernier jour ( bis.)
Il semble alors que mon ame me quitte.
Adieu ! lui dis-je , à ce banquet joyeux ;
Ah! sans regret, mon ame , partez vite :

3bis.
En souriant , remontez dans les cieux,
Remontez , remontez dans les cieux.
Vous prendrez la forme d'un ange;
De l'air vous parcourrez les champs.
Votre joie , enfin sans mélange,

Vous dictera les plus doux chants.
L'aimable paix , que la terre a proscrite ,
Ceindra de fleurs votre front radieux.
Ah! sans regret , etc.

Vous avez vu tomber la gloire
D'un Ilion trop insulté ,
Qui prit l'autel de la victoire

Pour l'autel de la liberté.
Vingt nations ont poussé de Thersyte

Jusqu'en nos murs le char injurieux.
Ah! sans regret , etc.

Cherchez au-dessus des orages
Tant de Français morts à propos,
Qui , se dérobant aux outrages,

Ont au ciel porté leurs drapeaux.
Pour conjurer la foudre qu'on irrite ,
Unissez-vous à tous ces demi-dieux.
Ah! sans regret, etc.

La liberté, vierge féconde ,
Règne aux cieux , qui vous sont ouverts.
L'amour seul m'aidait en ce monde

A traîner de pénibles fers.
Mais, dès demain , je crains qu'il ne m'évite;
Pauvre captif, demain je serai vieux.
Ah! sans regret , etc.

N'attendez plus , partez mon ame,
Doux rayon de l'astre éternel !
Mais
passez

des bras d'une femme
Au sein d'un Dieu tout paternel.
L'Aï pétille à défaut d'eau bénite;
De vrais amis viennent fermer mes yeux.
Ah! sans regret, etc.

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AIR : De la Cosaqui.
Un maitre fou qui, dit-on ,
Fit jadis mainte fredaine ,
Des loges de Charenton
S'est enfui l'autre semaine ;
Chez un juge qui griffonnait,
Il arrive et prend simarre et bonnet,

Puis à l'audience, hors d'haleine,
Il entre et soudain dit : Prechi, precha ,

Et patati , et patata ,
Prêtons bien l'oreille à ce discours-là.

« L'esprit saint soutient ma voix,
« Et les accusés vont rire;
« Moi , l'interprête des lois ,
« J'en viens faire la satire.

« Nous les tenons d'un impudent (1) Il n'y a point de mauvais discours que ne puisse faire oublier une action généreuse : et rien n'est plus honorable , suiyant moi, que la protection accordée à des infortunés placés sous le poids d'une accusation capitale. Aussi je n'aurais pas re, produit ici cette chanson , sans l'espèce de scandale que, lors de son apparition, elle causa jusque dans les deux chambres. Mais je ne puis m'empécher d'avouer que si j'avais pu la condamner à l'oubli qu'elle mérite sans doute , j'en aurais toujours regretté le dernier couplet.

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