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DE

P.J. DE BÉRANGER

PRÉCÉDÉES

D'UNE NOTICE SUR L'AUTEUR

IT

D'UN ESSAI SUR SES POÉSIES PAR M. P. F. TISSOT.

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CHEZ LES ÉDITEURS
PERROTIN, RUE NEUVE-DES-MATHURINS (CHÉE D'ANTIN), 54;
GUILLAUMIN, RUE NEUVE-DES-PETITS-CHAMPS, 61 ;

BIGOT, RUE DE VAUGIRARD, 36.

NOTICE

SUR

P. J. DE BÉRANGER.

BÉRANGER (Pierre-Jean de) naquit à Paris, en 1780, d'une famille pauvre, et qui, comme il l'a dit lui-même dans une chanson fort piquante, ne doit à aucun titre chevaleresque le de qui précède son nom; Béranger lui a acquis une illustration moins équivoque. Ce fut dans une imprimerie qu'il passa les premières années de sa jeunesse, et qu'il puisa les principes élémentaires de l'éducation. Entraîné vers la poésie par l'irrésistible puissance de son génie, il étudia les règles de la versification, et s'adonna entièrement au genre lyrique, dans lequel il s'est créé une impérissable renommée. Dès 1804 Lucien Bonaparte reconnut dans les essais de Béranger un poëte digne de sa protection; mais, forcé bientôt

après de s'éloigner de la France, il ne put rendre cette protection efficace. Lors de l'organisation de l'université, le modeste Béranger y remplit un emploi de peu d'importance: comme tous les hommes supérieurs, il ne chercha jamais les avantages sociaux que sa célébrité devait lui attirer, et la gloire alla le chercher dans un rang obscur. Il refusa pendant les cent jours les fonctions de censeur: les émoluments considérables attachés à cet emploi ne cachèrent point aux yeux de Béranger ce qu'il a d'infamant. Quoique ses chansons eussent depuis long-temps une réputation européenne, un très petit nombre de ces ravissantes compositions avait été imprimé en 1820. A cette époque leur publication eut un succès immense: mais la congregation, qui préludait alors aux triomphes qu'elle a depuis obtenus, fut scandalisée, et ohtint un acte d'accusation contre l'Anacréon de la vieille gloire française; Béranger fut condamné à quelques mois de prison. Depuis ce temps son caractère et son talent ne se sont pas démentis. Voici comment M. Jouy, dans son Essai sur la poésie légère, caractérise les ouvrages de Béranger, qui, suivant M. Benjamin Constant, fait des odes sublimes en ne croyant faire que des chansons: «Un poëte doué de la grace « la finesse d'Horace, d'un esprit à-la-fois philosophique

et de

« et satirique, d'une ame vive et tendre, d'un caractère

qui sympathise avec toutes les gloires, avec tous les « maux de son pays, s'assied, la lyre en main, 'sur le u tombeau des braves, et fait répéter à la France en deuil « les plaintes harmonieuses qu'il exhale dans des chants « sans rivaux et sans modèles : j'ai nommé Béranger. « Poëte national, il a créé parmi nous ce genre de chan« sons, et s'est fait une gloire à part dans toutes les auu tres. Par un talent, ou plutôt par un charme qu'il a seul possédé, il a su rassembler dans des poëmes lyriques de la plus petite proportion la grace antique et « la saillie moderne, la poésie philosophique et le trait « de l'épigramme, la gaieté la plus vive et la sensibilité « la plus profonde, en un mot tout ce que l'art a de plus « raffiné, et tout ce que la nature a de plus aimable. »

Les nouveaux éditeurs des Chansons de Béranger croient devoir ajouter à cette notice, empruntée à la Biographie des Contemporains, un fragment du plaidoyer de M. Berville lors du procès fait à l'auteur pour la publication des pièces de son premier procès, et la péroraison du plaidoyer de M. Barthe dans le dernier procès que Bérunger vient d'avoir à soutenir.

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